GDF Suez devra convaincre pour maintenir l’un de ses réacteurs belges
La tâche s’annonce difficile pour Electrabel, filiale de GDF Suez en Belgique, dont l’un des réacteurs (Doel 3) est arrêté depuis juin. L’inspection de la cuve grâce à une nouvelle technique de mesure par ultrason a révélé de nombreuses indications de défauts dans le matériau de base en acier. En clair : il existe un risque de «potentielles fissures». A l’initiative de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), les régulateurs de neufs pays se sont réunis hier à Bruxelles afin de présenter un «état des lieux» de la situation sur la cuve du réacteur n°3 de Doel.
«L’objectif de la réunion technique était bien une prise de connaissance de la situation, pas une prise de décision sur l’avenir de Doel 3», a souligné Willy de Roovere, directeur général de l’AFCN. Les analyses complémentaires commandées seront clôturées fin septembre. Elles seront ensuite présentées à l’AFCN, à son conseil scientifique et à un panel international d’experts en octobre.
Alors que le gouvernement belge a fait part en juillet de son intention de fermer en 2016 Doel 1 et Doel 2 et de prolonger jusqu’en 2022 la durée de vie de Doel 3, la confirmation de dommages portés à la cuve signifierait à coup sûr son arrêt définitif. «Une éventuelle réparation de la cuve est pratiquement impossible et, d’après l’AFCN, n’est pas l’option à retenir, parce qu’il est à craindre qu’une telle opération fasse apparaître de nouvelles tensions dans la paroi de la cuve, ce qu’il faut absolument éviter», écrit l’Agence sur son site internet. Son remplacement paraît encore plus illusoire.
Seule solution pour l’exploitant : démontrer que les indications de défauts constatées ne représentent aucun danger pour l’intégrité structurelle de la cuve du réacteur. Dans cette perspective, il doit mener une investigation en profondeur du dossier de construction originel de la cuve du réacteur et fournir un dossier complet de justification dans le cadre d’un redémarrage. Mais le responsable de l’AFCN n’a pas caché son pessimisme en ce qui concerne l’avenir de Doel 3.
Il sera «très difficile» pour Electrabel de prouver qu’il n’y a aucun défaut dans la cuve, a estimé Willy de Roovere. Un autre réacteur d’Electrabel, Tihange 2, est par ailleurs menacé. Sa cuve a été construite par le néerlandais RDM, responsable de Doel 3. Hier soir, le site Transparency de GDF Suez, qui recense les capacités de production du groupe, indiquait la mise à l’arrêt pour révision de Tihange 2.
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