GDF Suez attendra l’été pour décider de sa stratégie dans le nucléaire
GDF Suez reste confiant dans son potentiel de croissance à moyen terme. Mais la prudence affichée par le PDG Gérard Mestrallet pour l’exercice en cours en raison des incertitudes économiques et réglementaires n’a manifestement pas été appréciée des investisseurs qui ont fait chuter l’action de 4,8% hier à Paris. Cette réserve s’exprime notamment à travers le dividende distribué au titre de 2011 qui restera stable à 1,5 euro par action.
Le manque de visibilité concerne le nucléaire en Belgique où le groupe attend une décision concernant l’extension de la durée de vie des trois plus anciennes centrales. Ceci entraînerait pour le secteur un milliard d’investissements dans le cas d’une extension de dix ans. La catastrophe de Fukushima a également donné lieu à des stress tests dont les résultats définitifs devraient être connus au milieu de l’année, tandis qu’en France les élections présidentielle et législatives sont susceptibles de faire évoluer la doctrine du pays en la matière. GDF Suez «compte donc mettre à jour sa stratégie dans le nucléaire à la mi-2012», précise Gérard Mestrallet, en ajoutant que cette source d’énergie ne représente que 3% de l’activité du groupe.
Le directeur financier Isabelle Kocher a confirmé des investissements bruts de 11 milliards pour 2012 (10,7 milliards en 2011), mais ce montant devrait être réduit entre 9 et 11 milliards par an sur la période 2013-2015. Le groupe table sur un potentiel de résultat récurrent part du groupe de 5 milliards en 2015, contre un objectif de 3,5 à 4 milliards annoncé pour 2012 et 3,5 milliards réalisés l’an dernier. Cet indicateur remplace désormais l’Ebitda, aussi bien en interne comme critère d’attribution des primes d’encouragement qu’en communication externe.
Malgré un gel des tarifs du gaz en France, l’exercice écoulé a été globalement conforme aux attentes avec des objectifs remplis «dans un contexte économique particulièrement difficile», souligne Gérard Mestrallet. L’excédent brut d’exploitation a progressé de 9,5% à 16,5 milliards d’euros et le cash-flow libre est en hausse de 12,8% à 8,8 milliards. Le ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation (Ebitda) ressort à 2,3 fois contre 2,5 fois pro forma fin 2010 (en incluant International Power sur 12 mois) et les deux tiers des cessions d’actifs programmées entre 2011 et 2013 ont déjà été réalisés.
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