Ford coupe brutalement ses capacités de production en Europe

En plus de l’usine belge de Genk, le constructeur américain va fermer deux sites en Grande-Bretagne. Il perdra 3 milliards de dollars en Europe en deux ans
Olivier Pinaud

Ford Motor assomme l’Europe de l’automobile. Au lendemain de l’annonce de la fermeture en 2014 de son usine belge de Genk qui emploie 4.300 personnes, le deuxième constructeur américain a révélé vouloir fermer deux sites en Grande-Bretagne (1.400 salariés): le premier, à Southampton, où il construit les camionnettes Transit; le second, près de Londres, dédié à la fabrication des pièces de ce fourgon. A terme, la fabrication du Ford Transit sera délocalisée en Turquie. Au total, Ford va ainsi supprimer 6.200 emplois en Europe, soit 13% de ses effectifs dans la région.

Ces fermetures réduiront de 18% la capacité de production de Ford en Europe, hors Russie, soit un total de 355.000 véhicules par an. Le groupe américain cherche à répondre à l’ampleur de ses pertes dans la région. Ford estime qu’il perdra 1,5 milliard de dollars cette année en Europe du fait de l’affaissement continu du marché (-11% en septembre, -7,6% depuis le début de l’année). Et la perte devrait être identique en 2013. Selon lui, les mesures annoncées lui permettront de générer des économies annuelles brutes comprises entre 450 et 500 millions de dollars.

A long terme, le constructeur estime que sa marge opérationnelle pourrait s’établir entre 6 et 8% dans la région. Mais selon Christopher Stürmer, analyste chez IHS Automotive, Ford devra aller plus loin. Et il s’attend à ce qu’un autre site d’assemblage de véhicule ferme. Le groupe est très présent en Grande-Bretagne où il emploie 11.400 personnes. En France, il emploie 1.120 personnes dans son usine de Blanquefort près de Bordeaux. Ford exploite également plusieurs usines en Allemagne et en Espagne.

Selon les analystes de Morgan Stanley, Ford «fait preuve de discernement et de courage» en prenant des décisions difficiles qui seront payantes à long terme, alors que selon eux GM, le partenaire de Peugeot, peine pour l’instant à prendre à bras-le-corps les difficultés de sa filiale européenne Opel.

Celle-ci a accumulé 16 milliards de dollars de pertes au cours des 12 dernières années et pourrait en perdre 17 milliards supplémentaires sur les douze prochaines années, selon Morgan Stanley. Une destruction de valeur qui représente selon la banque américaine deux fois la création de valeur de la filiale chinoise. De quoi inciter GM à prendre des mesures radicales dans les prochains mois.

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