Fnac Darty mise sur le multicanal
Alors qu’Alexandre Bombard, parti diriger Carrefour cet été, a placé haut la barre pour son successeur à la tête de Fnac Darty Enrique Martinez, le groupe de distribution spécialisé a publié hier soir un plan stratégique dans la continuité de ses ambitions.
Baptisé «Confiance +», ce dernier veut faire de Fnac Darty, dont l’actionnaire principal est désormais le distributeur allemand Ceconomy, une «plate-forme multicanale de services de référence en Europe». Concrètement, il s’agit de rendre accessibles les offres du groupe «sous tous les formats, à tout moment». Ce qui implique d’une part de développer les magasins physiques, en particulier à travers des franchisés. Fnac Darty s’est ainsi fixé l’objectif d’ouvrir plus de 200 magasins en franchise à moyen terme.
D’autre part, le groupe veut développer son offre électronique en créant une «marketplace» regroupant enseignes et pays. Les synergies des sites de vente en ligne des deux enseignes ont été en effet l’une des principales raisons mises en avant pour justifier l’achat de Darty. Le groupe (qui vise 130 millions d’euros de synergies fin 2018) entend tripler le chiffre d’affaires de cette plate-forme par rapport à 2016, alors qu’il génère actuellement 16% de son chiffre d’affaires à travers le canal électronique. Les investissements annuels dans le digital seront portés à 130 ou 140 millions d’euros, contre 100 millions aujourd’hui.
Le développement de ses parts de marché – et surtout de ses marges – passe par le lancement de nouveaux services par abonnement liés aux appareils connectés, ainsi que le développement d’offres aux entreprises. Une fois l’intégration des deux enseignes achevée, les capacités logistiques du groupe seront proposées à d’autres acteurs.
Sans renoncer à son identité de distributeur spécialisé, Fnac Darty veut développer des relais de croissance, en particulier dans l’univers de la cuisine. Ainsi, l’ouverture de plus de 100 magasins ou espaces chez les grands distributeurs («corners») est prévue.
A propos de coopérations dans le cadre de la grande distribution, Enrique Martinez indique qu’il espère parvenir «rapidement à un accord» avec Carrefourpour mutualiser leurs achats de produits électroniques et électroménagers.
Concernant les objectifs financiers auxquels l’ensemble de ces mesures doit aboutir, Fnac Darty est resté vague quant à leur échéance. Il vise une marge opérationnelle comprise entre 4,5% et 5% «à moyen terme», contre 2,7% en 2016 à conditions de marché équivalentes. En terme de revenus, il cherche «une croissance supérieure à ses marchés».
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