Fiat pourrait monter à 51 % dans Chrysler avant son entrée en Bourse

A l’issue de leur première cotation hier, la valeur combinée de Fiat et de Fiat Industrial est supérieure à celle de l’action Fiat avant la scission
Yves-Marc Le Reour
Photo: Bloomberg
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La première cotation en Bourse des deux actions Fiat et Fiat Industrial a été couronnée de succès pour le groupe italien. Avec un cours de clôture de respectivement 7,03 et 9 euros hier, leur valeur combinée est en effet supérieure de 3,9% à celle de l’ancienne action Fiat au 30 décembre. L’administrateur délégué de Fiat Sergio Marchionne a expliqué à cette occasion que les transformations en cours sur les différents marchés du constructeur rendaient impossible le maintien au sein d’une seule entité de secteurs «n’ayant plus de caractéristiques économiques ou industrielles communes».

Tout en soulignant qu’aucun projet de fusion n’était actuellement prévu avec Chrysler, Sergio Marchionne juge par ailleurs «possible» une montée à 51% au capital du constructeur américain dont la mise en Bourse est toujours prévue «au deuxième semestre». Il ajoute qu’aucune cession d’actifs ne serait nécessaire pour financer cette montée au capital.

Il est en effet prévu que la participation de Fiat dans Chrysler passe de 20% à 35% cette année lorsque le constructeur américain aura sorti un petit moteur aux Etats-Unis, s’il atteint ses objectifs de vente à l’étranger. Pour qu’il puisse relever celle-ci à 51%, il faut d’abord que Chrysler ait remboursé les 12 milliards de dollars de prêts et d’aides publiques accordés par les gouvernements américain et canadien pour lui éviter la faillite.

Philippe Houchois, analyste chez UBS, estime que le constructeur italien «pourrait économiser entre 1 et 2,7 milliards de dollars» en procédant à cette prise de contrôle avant l’IPO, étant donné que le prix serait alors déterminé en fonction du multiple d’excédent brut d’exploitation moyen du secteur automobile et pas d’un multiple de marché. «Nous restons sceptiques sur la capacité du groupe à satisfaire les conditions nécessaires à cette montée au capital suffisamment tôt», juge cependant Erich Hauser, analyste de Credit Suisse.

A plus court terme, le constructeur italien doit encore recevoir l’accord par référendum de la majorité de ses salariés pour mettre en place le plan de réorganisation de son usine de Mirafiori à Turin, la plus ancienne du groupe. Signé juste avant Noël par trois organisations syndicales sur quatre, ce plan prévoit un milliard d’euros d’investissement dans l’usine, partagé à égalité entre Fiat et Chrysler, en échange d’horaires de travail plus flexibles.

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