Fiat ne voit pas d’éclaircie avant 2014 sur le marché automobile européen

Malgré le dynamisme de Chrysler en Amérique du Nord, la dette nette industrielle du groupe s’est accrue de 1,3 milliard d’euros en 3 mois
Yves-Marc Le Reour

La bonne tenue de l’activité et des résultats de Fiat au troisième trimestre masque une dégradation accélérée des marchés européens qui préoccupe fortement le constructeur automobile italien. La hausse de 16,4% de son chiffre d’affaires à 20,4 milliards d’euros est en effet principalement attribuable à la bonne performance de Chrysler en Amérique du Nord, de même que le bénéfice opérationnel («trading profit») supérieur aux attentes à 951 millions, ce qui représente une progression de 11,8% sur la période.

La région EMEA (Europe, Proche-Orient, Afrique), pour laquelle l’Italie représente la moitié des ventes, affiche pour sa part un doublement de sa perte opérationnelle d’une année sur l’autre, à 238 millions, alors que les ventes y ont reculé de 13%. Plus inquiétant encore, le groupe confirme une perte régionale d’environ 700 millions pour l’exercice 2012 et un niveau «similaire ou légèrement inférieur» l’an prochain. Malgré des actions renforcées pour contrôler les coûts et les investissements dans les usines de la Péninsule, il n’anticipe pas un retour à la rentabilité opérationnelle avant «2015-2016» sur le Vieux Continent.

«Les activités européennes ont une valeur réelle fortement négative», juge Harald Hendrikse, analyste chez Citigroup à Londres. Elles pèsent fortement sur la capacité d’autofinancement du groupe et sont à l’origine de l’augmentation de 1,3 milliard de la dette nette industrielle du constructeur au cours du trimestre écoulé, à 6,7 milliards d’euros. L’amélioration devrait être limitée au quatrième trimestre, avec un endettement net industriel désormais attendu à 6,5 milliards contre un précédent objectif de 6 milliards.

Le groupe a ramené dans le bas de sa fourchette antérieure ses prévisions pour l’ensemble de 2012, en tablant sur un chiffre d’affaires d’environ 83 milliards d’euros, un bénéfice opérationnel supérieur à 3,8 milliards et un résultat net supérieur à 1,2 milliard. Cette prudence a des répercussions sur les exercices suivants, avec un chiffre d’affaires à l’horizon 2014 dorénavant attendu entre 94 à 98 milliards, tandis que le bénéfice opérationnel serait compris entre 4,7 et 5,2 milliards. Ces nouveaux objectifs reflètent une révision en baisse de 6 à 9,5% pour le chiffre d’affaires, et de 30% à 37% pour le bénéfice opérationnel, par rapport aux objectifs communiqués en 2010.

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