Fiat Industrial va devoir faire un geste pour aller au bout de ses ambitions américaines
Sergio Marchionne est contrarié. Le fougueux président du groupe Fiat espérait pouvoir boucler d’ici peu la fusion de Fiat Industrial, la branche industrielle (camions, tracteurs…) du constructeur, avec sa filiale américaine CNH dont il détient déjà 88% du capital. Mais le comité spécial mis en place avant l’été pour se prononcer sur le rapprochement a jugé à l’unanimité les termes de l’offre insuffisants.
Le rapport d’échange proposé par Fiat Industrial (3,8 de ses actions contre un titre CNH) n’offrait aucune prime aux actionnaires de l’américain, connu pour sa marque de tracteurs New Holland. Conseillé par JPMorgan et Lazard, le comité spécial ne ferme par la porte à une fusion mais demande que les termes de l’offre soient relevés.
Un coup dur alors que Sergio Marchionne s’était déjà récemment inquiété des conséquences de la crise actuelle sur l’activité de sa branche industrielle. La direction de Fiat Industrial a indiqué qu’elle rencontrerait les conseillers de CNH dans les prochains jours mais que la nouvelle proposition devra respecter les contraintes de crédit du fabricant de tracteurs et de pelleteuses. Aux cours actuels, le solde du capital de CNH est estimé à un peu plus de 1,1 milliard de dollars.
Ce rapprochement complet doit permettre de créer le numéro trois mondial des véhicules industriels. Il doit surtout considérablement simplifier la structure du groupe en permettant de créer un seul véhicule coté à la Bourse de New York, avec une cotation de rang inférieur à Milan, et de réduire les coûts de financement. Sur ce dernier point, les analystes de Mediobanca estiment les économies entre 140 et 150 millions d’euros par an.
L’opération constitue aussi un coup d’essai pour Sergio Marchionne. Le patron du groupe Fiat souhaite également fusionner la division automobile avec sa filiale américaine Chrysler. Selon les analystes de Credit Suisse, le contretemps sur Fiat Industrial risque de ralentir ce processus. Fiat détient déjà 58,5% du capital de Chrysler mais souhaite monter à 100% d’ici à deux ans. L’objectif est de faire franchir à l’entité fusionnée le seuil de 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014.
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