Fiat Chrysler retire sa proposition de fusion avec Renault
Coup de théâtre. Fiat Chrysler Automobiles (FCA) a retiré jeudi matin sa proposition de fusion avec Renault, estimant que les conditions politiques n'étaient pas réunies pour permettre une telle opération.
Le groupe italo-américain a expliqué dans un communiqué que son conseil d’administration avait décidé de retirer avec effet immédiat son projet de fusion avec Renault. Fiat Chrysler a indiqué demeurer «fermement» convaincu des avantages de l’opération. «Toutefois, il est apparu clairement que les conditions politiques en France n’existent pas actuellement pour qu’une telle combinaison puisse être menée à bien».
Renault avait précédemment indiqué dans un communiqué que son conseil d’administration n’avait pas été en mesure de prendre une décision sur le projet de fusion présenté par Fiat Chrysler, «en raison du souhait exprimé par les représentants de l’Etat français de reporter le vote à un conseil ultérieur».
Le soutien explicite de Nissan a fait défaut
Dans un communiqué, le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a dit «prendre acte» du retrait du projet. Bruno Le Maire a expliqué que des accords avaient été trouvés sur trois des quatre exigences fixées par l’Etat actionnaire : la préservation des emplois et des sites industriels en France, une gouvernance respectueuse des équilibres FCA-Renault et la participation du futur ensemble à l’initiative des batteries électriques engagées avec l’Allemagne.
«Il restait à obtenir un soutien explicite de Nissan», a ajouté Bercy dans son communiqué. «L’Etat a donc souhaité que le conseil d’administration dispose d’un délai additionnel de cinq jours pour s’assurer du soutien de l’ensemble des parties prenantes», a poursuivi le ministère de l’Economie.
Interogé sur France Info, Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, a estimé que la porte n'était pas fermée à une éventuelle reprise des discussions en vue d’un rapprochement entre Renault et Fiat Chrysler. «Peut-être que demain, après demain, ou la semaine prochaine on pourra discuter avec ce géant italien mais c'était normal d’attendre effectivement que ces garanties soient respectées», a-t-il ajouté.
Après quelques minutes de cotation, le cours de l’action cédait 6,87% à 52,34 euros. A Milan, FCA perdait 3%.
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