L’action FDJ est pénalisée en Bourse par un projet de taxe sur les jeux et paris
Avec la Française des Jeux (FDJ), c’est jackpot garanti pour l’Etat... mais pas toujours pour ses actionnaires. Le titre du géant français des jeux d’argent évolue jeudi en nette baisse, pénalisé par l’information selon laquelle le gouvernement a décidé d’augmenter les prélèvements sociaux du secteur des jeux d’argent et des paris en ligne dès 2025.
Vers 13h20, l’action FDJ chutait de 7,5%, elle a clôturé la séance à -6,4% à 34,44 euros.
Selon Les Echos, l’objectif de Bercy est d’augmenter les taxes prélevées sur le secteur d’environ 500 millions d’euros en 2025, pour les faire passer de 1,2 milliard d’euros à 1,65 milliard d’euros. L’objectif est de contribuer à renflouer les caisses de la Sécurité sociale. Tous les segments (loteries, paris, jeux d’argent, poker en ligne) seraient concernés.
Le gouvernement envisage également de créer une taxe sur les dépenses de marketing et de publicité, très importantes, du secteur.
L’alourdissement proposé des cotisations sociales pourrait se traduire par une baisse de 5% de la consommation des jeux d’argent, selon Les Echos citant une estimation du gouvernement.
Forte incertitude fiscale
En réaction à ces informations, CM-CIC Securities a abaissé sa recommandation sur le titre du groupe dirigé par Stéphane Pallez de «surpondérer» à «conserver» et abaissé son objectif de cours de 45 euros à 38,20 euros.
«Si le nouveau gouvernement cherche de l’argent où il peut, ce projet suscite une forte incertitude fiscale qui pèse sur le titre FDJ», commente un analyste parisien. Ce dernier attend davantage de précisions sur le projet avant d’en estimer l’impact sur le groupe.
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Le professionnel rappelle que la France emboîterait le pas des Pays-Bas, qui ont significativement relevé cette année leur taxe sur les jeux.
En tout état de cause, ajoute-t-il, cela contredirait la promesse faite par l’Etat lors de l’introduction en Bourse de la FDJ en 2019 d’assurer un cadre fiscal stable au groupe.
Une mauvaise nouvelle au mauvais moment
Dans une note publiée ce matin, AlphaValue souligne que le secteur des jeux est déjà lourdement taxé en France, bien plus que dans nombre d’autres pays européens.
Aussi, «une hausse des prélèvements serait évidemment négative pour toutes les valeurs liées aux jeux en France, la FDJ en tête», commente le bureau d'études indépendant.
Les investisseurs ne s’y trompent pas. Dans le sillage du titre FDJ, celui du casinotier Partouche a chuté hier de 4,4%, à 18,50 euros.
Concernant FDJ, cette mauvaise nouvelle risque d'éclipser l’annonce ce soir du succès attendu de son offre public d’achat (OPA) lancée sur le suédois Kindred, propriétaire du site de paris en ligne Unibet. Le hasard fait parfois mal les choses.
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