Faurecia taille dans ses coûts des deux côtés de l’Atlantique pour restaurer sa trésorie
Comme son actionnaire majoritaire PSA, Faurecia donnera cette année la priorité à l’optimisation de sa base de coûts et de ses besoins en fonds de roulement face à un marché automobile européen qui devrait encore reculer de 4 à 5%. Objectif : améliorer la génération de trésorerie. Outre le repli d’un point à 3% de sa marge d’exploitation, le groupe a dû faire face l’an dernier à une hausse de ses stocks et de ses investissements, d’où un cash flow libre négatif à hauteur de 410 millions d’euros. La dette nette a de son côté bondi de 47,5% pour atteindre 1,8 milliard.
Si la croissance de 30% de ses ventes hors d’Europe explique la progression de 7,3% de son chiffre d’affaires à 17,4 milliards d’euros, l’équipementier n’a pas été en mesure de profiter de son dynamisme commercial sur le continent américain et asiatique pour compenser le déclin de sa rentabilité en Europe. Outre-Atlantique, «les inefficiences portant sur quelques sites et programmes en 2012 sont désormais réglées», ce qui entraînera une hausse significative de la rentabilité dans cette région dès la fin du premier semestre.
En Europe, le groupe prévoit une baisse d’au moins 50 millions d’euros de ses coûts fixes cette année et de 100 millions à partir de l’an prochain. Ceci nécessitera des charges de restructuration comprises entre 120 et 140 millions, dont environ 90 millions seront comptabilisées en 2013. Le PDG Yann Delabrière a précisé que le groupe «procédera à des ajustements site par site», sans lancer de plan social. Il se fixe un rebond d’un point de sa marge d’exploitation en Europe d’ici à 2016 «dans un environnement dégradé».
Pour l’exercice en cours, le groupe anticipe une progression non chiffrée de sa marge opérationnelle et «un cash-flow libre à l'équilibre avant charges de restructurations», avec une stabilité des investissements industriels et de la R&D capitalisée à environ 800 millions d’euros. Le conseil d’administration proposera la suppression du dividende, alors que l’équipementier avait versé 0,35 euro par action en 2012, en hausse annuelle de 40%.
Interrogé sur un désengagement potentiel de PSA qui détient 57,4% de Faurecia, Yann Delabrière a simplement déclaré «être prêt à toutes les éventualités», en ajoutant que ce type de décision était du ressort exclusif de son actionnaire.
Plus d'articles du même thème
-
La France conserve dans la douleur le leadership de l’attractivité en Europe
Bien qu'en tête du classement, la France accuse une perte de 17 % du nombre de projets d'investissements directs étrangers accueillis en 2025, contre un recul de 7 % en Europe. -
Ubisoft s'attend à une nouvelle année difficile
L'entreprise de jeux vidéos a annoncé des prévisions en baisse en attendant des sorties de jeux plus importantes lors de son année 2027-2028. -
Le marché de l’immobilier de bureaux piétine toujours
Les grandes transactions manquent encore pour relancer vraiment le marché locatif, à part dans le quartier de La Défense où elles semblent repartir. Le marché européen suit à peu près les mêmes tendances.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
- Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
- Emmanuel Moulin préserve la continuité à la Banque de France
- Indosuez Wealth écope d'une amende de plus de 13 millions d'euros en Espagne
- Alphabet et Amazon se financent aux alpine bonds
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF RévélationOpération vérité sur les retraites des fonctionnaires
Le ministre des Comptes publics, David Amiel, veut bouleverser la présentation des comptes de l'Etat pour mieux faire apparaître le vrai coût financier de la retraite des fonctionnaires. Voici comment -
MéfiancePourquoi le deal commercial entre les Européens et Trump demeure fragile
La procédure avance du côté européen mais des embardées ne sont pas exclues, loin de là -
PortraitRetraites : Jean-Pascal Beaufret, le choix de la plume face à « un déni de réalité »
L’ancien inspecteur des Finances alerte depuis 2022 sur le manque de transparence des comptes publics. Rare voix à s’élever sur le sujet, sa thèse suscite la curiosité de la classe politique.