Faurecia s’appuie sur des ADR à New York pour entrer dans le top 5 du marché
Faurecia saute le pas. L’équipementier automobile, filiale de PSA Peugeot Citroën, a annoncé hier avoir lancé un programme ADR (american depositary receipt) pour faciliter l’accès à son capital aux investisseurs américains. Le groupe a choisi Citi comme banque dépositaire, l’un des quatre établissements avec BNY Mellon, JPMorgan et Deutsche Bank à se partager le marché des ADR. Chaque action ordinaire Faurecia comprendra deux ADR. L’opération, beaucoup plus souple qu’une double cotation, est sans coût pour l’enteprise.
Cette exposition aux marchés américains doit permettre à Faurecia de soutenir son développement auprès des constructeurs automobiles américains, sa deuxième principale source de croissance après la Chine. Le groupe «vise un chiffre d’affaires de 7 milliards de dollars dans la région en 2016, où notre objectif est de rejoindre le top 5 des équipementiers automobiles à court terme», explique Yann Delabrière, le PDG de Faurecia, contre une place de numéro 6 actuellement après l’acquisition récente de Ford Saline.
L’Amérique du Nord, où le groupe a quadruplé son chiffre d’affaires depuis 2009, représente actuellement un quart de l’activité du groupe, soit 2,6 milliards d’euros à fin septembre 2012. Ses revenus aux Etats-Unis devraient croître en moyenne de 11% par an jusqu’en 2016. Le groupe compte actuellement 38 sites industriels dans la région et devraient en exploiter 43 en 2016.
Les ADR, après une explosion en 2008, avec le lancement de 391 nouveaux programmes, trois fois plus qu’en 2007, ont depuis un peu perdu de leur attrait. La chute des marchés financiers n’est pas étrangère à ce mouvement. Selon les statistiques de BNY Mellon, 46 nouveaux programmes dits sponsorisés, c’est-à-dire lancés avec l’accord de l’émetteur, ont été initiés au premier semestre 2012 contre 79 au premier semestre 2011.
Au premier semestre 2012, 114 programmes non sponsorisés ont été lancés à l’initiative de banques dépositaires sans l’accord de l’émetteur en question. Légale et courante depuis 2008 en raison d’un changement de réglementation aux Etats-Unis, cette pratique a entraîné de nombreuses ouvertures de cotation «sauvage» d’entreprises françaises aux Etats-Unis. Si les risques juridiques paraissent limités, certains émetteurs ont choisi de transformer ces programmes en ADR sponsorisés afin de mieux contrôler les relations avec les investisseurs.
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