ExxonMobil perçoit une indemnité inférieure à ses attentes pour ses déboires au Venezuela
C’est un jugement décevant pour ExxonMobil mais qui résonne comme une victoire pour Hugo Chavez, le président vénézuélien. La Chambre de commerce international (ICC), un tribunal d’arbitrage basé à New York, a estimé que la compagnie nationale Petroleos de Venezuela (PDVSA) devait verser une indemnité de 908 millions de dollars à ExxonMobil.
Soit un dixième seulement du montant qu’escomptait le géant américain. Ce dernier avait déposé une demande d’arbitrage en 2007 à la suite de la nationalisation du projet Cerro Negro, situé dans la ceinture de l’Orénoque (Orinoco), pour lequel il avait investi près de 750 millions de dollars. Cette politique a contraint les pétroliers étrangers à intégrer des coentreprises ne leur laissant qu’un rang d’investisseur minoritaire. En 2008, ExxonMobil remportait une injonction permettant de geler quelque 12 milliards de dollars d’actifs de PDVSA. Une décision annulée par un tribunal britannique en mars 2009.
Selon Credit Suisse, PDVSA a provisionné entre 1 milliard et 1,5 milliard de dollars en prévision de ce jugement. Il n’est donc pas surprenant qu’un porte-parole de PDVSA, cité par Bloomberg, qualifie la décision de «favorable». Du côté d’ExxonMobil, on se bornait à souligner que le jugement confirme que PDVSA «a un engagement contractuel» envers le groupe.
Mais la relative clémence de l’ICC peut également inquiéter d’autres groupes pétroliers engagés dans des actions similaires. Le Venezuela doit ainsi faire face à pas moins d’une douzaine de demandes d’arbitrage, émanant entre autres du pétrolier américain ConocoPhillips ou du cimentier suisse Holcim.
ConocoPhillipps a investi dans deux des quatres projets de la ceinture de l’Orénoque. Dans une déclaration faite avant que le jugement ne soit rendu public, le ministre vénézuélien de l'énergie, Rafael Ramirez, avait indiqué s’attendre à une facture totale inférieure à 2,5 milliards de dollars pour les dossiers ExxonMobil et ConocoPhillips.
Malgré le passage en force d’Hugo Chavez, les groupes étrangers ne se sont pas détournés de la ceinture de l’Orénoque. Chevron détient notamment une participation de 33% dans Petropiar, une joint venture avec PDVSA qui remonte à 2008. L’espagnol Repsol a pris pour sa part en 2010 une participation de 11% dans un projet également en partenariat avec PDVSA.
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