Eutelsat reste handicapé par la présence résiduelle d’Abertis à son capital
Eutelsat et Abertis y voient désormais plus clair au capital de leur filiale Hispasat. Les deux groupes ont racheté la participation de 13% que détenait Telefonica dans l’opérateur de satellites espagnol. Abertis a repris 7,2% pour un montant de 68 millions d’euros, tandis qu’Eutelsat a déboursé 56 millions pour 6% conformément à son droit de préemption. Désormais, Abertis est à la tête de 41% d’Hispasat, Eutelsat en contrôle 33% et le solde (26%) revient à l’Etat espagnol. Madrid a toujours considéré Hispasat comme un actif stratégique pour le pays, au même titre d’ailleurs qu’Eutelsat pour la France. Le FSI détient 25,6% d’Eutelsat.
Cette transaction ne modifie pas la position d’Eutelsat au capital d’Hispasat, le groupe restant un actionnaire minoritaire. Toutefois, la clarification du tour de table de l’opérateur espagnol pourrait ouvrir la voie à une rupture définitive des liens entre Eutelsat et Abertis. Depuis la vente en janvier 2012 d’un bloc de 16% sur le marché, puis d’une participation de 7% au fonds souverain chinois CIC, Abertis ne détient plus que 8,35% d’Eutelsat. Ses deux représentants ont quitté dans la foulée le conseil d’administration.
Depuis quelques mois, le marché s’attend à une sortie définitive d’Abertis du capital, le groupe espagnol n’ayant pas caché son envie de solder sa participation. Une perspective qui pèse sur le cours de Bourse.
Alors que l’action de SES, le concurrent européen d’Eutelsat, a gagné 16% en un an, celle d’Eutelsat a chuté de 18%, pénalisé aussi par un avertissement sur résultats en mai 2012. Le départ d’Abertis serait vu d’un bon œil par la direction d’Eutelsat quelque peu agacée d’avoir appris au dernier moment, une fois la transaction bouclée, la vente du bloc de 7% au fonds CIC.
Avec la clarification des positions chez Hispasat, les analystes de CA Cheuvreux remarquent que la valeur de marché du bloc résiduel détenu par Abertis au capital d’Eutelsat est relativement proche de celle de la participation d’Eutelsat chez Hispasat: 431 millions contre 310 millions. Un échange d’actifs pourrait ainsi être envisagé par les deux groupes. L’opération améliorerait de 4% à 5% le bénéfice par action d’Eutelsat en cas d’annulation des titres repris, calcule Cheuvreux.
Plus d'articles du même thème
-
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose. -
Blue Sea et dette privée : Bpifrance muscle son arsenal d’investissement
Dans un environnement de marché marqué par la faiblesse persistante des levées de fonds et des sorties, la banque publique d’investissement entend renforcer son rôle contracyclique en mettant l’accent sur ces deux chantiers stratégiques. -
Nickel lance un compte pour les pros
La banque a vu son développement s’accélérer légèrement sur le marché français, avec l’ouverture de 210.000 comptes au premier trimestre 2026, contre un rythme mensuel à 60.000 précédemment.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreLa loi SURE est morte, vive la loi intégrale !
« On découpe en tranches, on traite chaque sujet de manière isolée, amendement par amendement », déplorent Carine Benoit-Benteux, vice-bâtonnière et Louis Degos, bâtonnier de Paris -
JoailleriePeut-on encore croire aux mythes ?
Pour sa nouvelle collection de haute joaillerie baptisée « Mythica », Louis Vuitton livre une proposition contemporaine et virtuose de la thématique des mythes. -
Chaud devantLa prévention victime de coupes dans le budget « com » de l’Etat ?
Alors qu'une canicule frappe le pays, la polémique monte sur des campagnes de prévention retardées