Eutelsat commence à réfléchir au refinancement de sa dette
Le relèvement de l’objectif de chiffre d’affaires annuel d’Eutelsat, à plus de 1,16 milliard d’euros, 40 millions de plus qu’auparavant, était attendu. Depuis quelques trimestres, le troisième opérateur mondial de satellites, derrière l’américain Intelsat et le luxembourgeois SES, bénéfice de la croissance de ses deux moteurs parallèles: les services de données et de haut débit, et les services gouvernementaux (militaires).
Le chiffre d’affaires des premiers a progressé de 13,3% au troisième trimestre, «ce qui prouve notre capacité à développer cette activité, qui sera confortée par l’entrée en service mi-2011 de notre satellite Ka-Sat», explique à L’Agefi, Jean-Paul Brillaud, le directeur général délégué d’Eutelsat. Pour les services gouvernementaux, «la croissance à venir ne sera pas forcément aussi forte que les 29,9% du troisième trimestre, mais ce marché est appelé à continuer à se développer.» Enfin, l’activité de diffusion de chaînes de télévision, premier métier du groupe, reste robuste (+4,7%).
Après neuf mois d’exercice, le chiffre d’affaires d’Eutelsat s’élève à 871 millions d’euros, en hausse de 12,2%, au-dessus de l’objectif de croissance à moyen terme de 7%. Cet objectif devrait être précisé en juillet, lors de l’annonce du chiffre d’affaires de l’exercice 2010-2011. Le niveau de marge brute opérationnelle (Ebitda) est toujours attendu au-dessus de 78%. Il était de 80,4% au premier semestre.
Dans les clous au niveau opérationnel, la direction se prépare à rouvrir le dossier de la dette. Au 31 décembre 2010, elle s’élevait à 2,4 milliards d’euros, soit 2,75 fois l’ebitda, sous le seuil de 3,5 pour garder la notation «investment». «Nous commençons à réfléchir au refinancement de notre ligne bancaire de 1,9 milliard d’euros qui arrive à échéance en 2013», indique Catherine Guillouard, la directrice financière d’Eutelsat. «Lors de notre refinancement de 2010, pour un montant de 1,3 milliard d’euros, nous avions diversifié nos sources de financement en faisant appel au marché obligataire. Nous allons poursuivre sur cette voie», précise Catherine Guillouard.
Le groupe veut en tout cas garder sa flexibilité, notamment pour financer une éventuelle acquisition. Jean-Paul Brillaud rappelle que le groupe a «toujours privilégié la croissance organique» et ne veut pas «faire des acquisitions à tout prix», mais il n’exclut pas de regarder des dossiers de petite ou de moyenne tailles, notamment en Asie.
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