Eurofins Scientific accélère sa présence dans le diagnostic médical
Eurofins Scientific poursuit ses acquisitions à un rythme soutenu. Moins d’une semaine après avoir pris le contrôle du laboratoire de biologie médicale Bio-Access/Labazur, le leader mondial de la bio-analyse rachète à Financière Bio Alfras, le groupe Biomnis pour 220 millions d’euros.
Biomnis, dont la vie financière a été agitée ces dernières années, au point d'être repris par ses créanciers en 2013, est l’un des principaux acteurs indépendants de services de diagnostic clinique spécialisé. Présent en France et en Irlande, Biomnis emploie 1.200 personnes et a dégagé l’an dernier plus de 220 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont les trois quarts en biologie spécialisée. Eurofins compte redresser la marge d’Ebitda de Biomnis, d’un peu plus de 10% actuellement, «vers les niveaux de marge de la profession et ceux attendus» pour l’ensemble du groupe Eurofins. Soit un doublement, Eurofins visant une marge d’Ebitda ajusté supérieure à 20% en 2017, contre 18,5% en 2014.
Comme avec l’acquisition de Bio-Access, Eurofins compte se servir de Biomnis, aussi présent dans les essais cliniques pour l’industrie pharmaceutique et dans les analyses médico-légales, comme plate-forme pour consolider le secteur de la biologie médicale spécialisée.
Une nouvelle fois, Eurofins met en avant le partenariat avec les professionnels du secteur et compte proposer à certains laboratoires de biologie médicale de proximité la possibilité de co-investir dans leur laboratoire Biomnis.
Le marché a salué cette acquisition par un petit rebond du titre de 0,59% à 256,25 euros. Un meilleur accueil que la semaine dernière pour l’opération Bio-Access, où l’action avait cédé 5,6% en deux séances. A l’époque, Portzamparc jugeait la logique stratégique de cette opération «plus difficile à interpréter», car «l’analyse médicale reste une activité à taille critique difficile, notamment en France». Pour sa part, Oddo avouait sa surprise, soulignant que «la croissance organique de ce business est proche de 2%» et que «en France, le groupe a indiqué à différentes reprises que la rigidité du cadre juridique empêchait les restructurations».
Par ailleurs, «le développement dans la biologie médicale en France où les pressions sur les prix et la concurrence sur les acquisitions sont fortes, pourrait peser sur le redressement du Roce», notait Natixis.
En attendant, avec le rachat de Biomnis, Eurofins montre sa volonté de grossir vite sur ces métiers.
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