Le yen bondit face au dollar après une probable intervention de Tokyo
La devise japonaise s’est subitement appréciée de 3% face au billet vert. Les analystes suspectent fortement une intervention des autorités, à la veille de la réunion de la Banque du Japon.
Le yen a touché un plus haut face au dollar depuis plusieurs décennies
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crédit Maccabee / Pixabay
Le yen japonais a bondi ce jeudi. Un mouvement qui, selon les analystes, porte la marque d’une intervention officielle de Tokyo pour soutenir une devise qui s’est effondrée à ses plus bas niveaux depuis quatre décennies face au dollar.
Le dollar a chuté jusqu'à 3% pour s'établir à 158,34 yens, s'éloignant de ses plus hauts de 40 ans atteints plus tôt cette semaine, et s’orientait vers sa plus forte baisse quotidienne en une seule séance depuis fin 2022 face au yen.
Les marchés étaient en état d’alerte quant à des achats de yens par les autorités japonaises, ces dernières ayant mis en garde contre une telle action depuis des mois. La faiblesse de la monnaie aggrave l’impact du renchérissement des importations d'énergie sur le coût de la vie.
Selon les analystes de marché, le contexte de repositionnement de fin de mois, la publication de données économiques américaines décevantes et le repli généralisé du dollar américain ont pu offrir aux autorités japonaises une opportunité propice pour soutenir leur devise en difficulté.
Prêt à intervenir
La division des changes du ministère japonais des Finances (MOF), qui pilote les interventions, n’a pas pu être jointe dans l’immédiat pour commenter l’information. Il n’apparaissait pas clairement ce qui avait déclenché cette hausse du marché ni si les autorités japonaises étaient effectivement intervenues. La ministre japonaise des Finances, Satsuki Katayama, a réitéré ces derniers temps que le gouvernement se tenait prêt à intervenir sur le marché des changes.
La monnaie japonaise a également bondi face aux autres devises, gagnant plus de 2% face à l’euro et à la livre sterling.
En termes réels, le yen se négocie à des niveaux proches de ses plus bas historiques et subit des pressions depuis plusieurs années en raison d’un différentiel de taux d’intérêt défavorable au Japon et des craintes que la première ministre, Sanae Takaichi, ne cherche à maintenir les coûts d’emprunt au plus bas pour financer des hausses de dépenses publiques.
«Compte tenu des circonstances, il est raisonnable de penser qu’une intervention a probablement eu lieu», a déclaré Yuji Saito, conseiller exécutif chez SBI FX Trade à Tokyo. «La question clé est de savoir si les autorités continueront d’appuyer jusqu'à ce que le dollar s’enfonce sous le seuil des 155 yens. C’est ce qui nous permettra de mesurer la détermination réelle du gouvernement à défendre sa monnaie.»
Le PIB japonais a moins progressé que prévu au deuxième trimestre, pour des raisons ponctuelles. Pas de quoi faire fléchir la Banque du Japon qui veut accélérer le rythme de son resserrement monétaire pour accompagner le yen.
La banque centrale japonaise devrait relever ses taux en septembre et probablement encore avant la fin de l’année. Mais le différentiel de taux continue de peser sur le yen qui a annulé la moitié de l’effet de l’intervention conjointe avec les Etats-Unis.
La banque centrale norvégienne a, comme attendu, laissé son taux directeur inchangé à 4,25%, tout en se montrant plus accommodante, avec le retrait de la mention d’une hausse supplémentaire, compte tenu d’une inflation plus faible. Elle reste toutefois vigilante, avec désormais les données économiques comme guide.
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