Enel sort du projet de l’EPR de Flamanville et solde ses comptes avec EDF
Enel a concrétisé hier la prévision faite la veille par le directeur financier d’EDF, Thomas Piquemal, après l’annonce par l'électricien français d’un surcoût de deux milliards d’euros pour l’EPR de Flamanville (Manche). Le groupe italien a décidé de mettre un terme à sa participation à l’aventure, à laquelle il contribuait à hauteur de 12,5%.
Au titre des investissements déjà engagés, il percevra 613 millions d’euros, auxquels s’ajouteront les intérêts. Les Italiens se sont prononcés en juin 2011 par référendum, à une écrasante majorité, contre la relance du programme nucléaire civil. EDF et Enel devaient construire quatre réacteurs en Italie à partir de 2014.
«Le marché français demeure stratégique pour le groupe Enel qui continuera à y être actif grâce à sa présence diversifiée dans les activités de négoce d'énergies renouvelables, de gaz et d'électricité», a toutefois souligné Enel dans un communiqué. Le retrait du groupe romain est donc intervenu au lendemain d’une énième actualisation du coût de ce projet de construction d’un réacteur nucléaire de dernière génération. EDF a fait part d’une facture finale estimée à 8,5 milliards d’euros, contre un coût prévisionnel initial de 3,3 milliards d’euros. Il a maintenu la date de mise en production à 2016.
Cette annonce, que le groupe a justifiée par des aléas techniques et industriels ainsi que par le caractère pionnier du projet, a semé le trouble hier. L’action EDF a cédé 2,3% à 13,97 euros, soit la plus forte baisse de l’indice CAC 40, alors que la rentabilité de l’EPR se voit remise en cause. «C’est un montant assez gros et le coût paraît exorbitant. Après un rapide calcul, le coût complet de production serait de 105 euros par MW, soit le double du prix actuel de l'électricité», a réagi Per Lekander, analyste chez UBS.
A ce niveau de coût, qui reste toutefois de l’ordre de l’hypothèse, les bénéfices de l’EPR pourraient rapidement fondre aux yeux des Britanniques. La filiale britannique d’EDF, qui a noué un partenariat avec Centrica, prépare la construction de deux réacteurs EPR. Mais selon l'édition de The Independent datée de dimanche dernier, Centrica se prépare à annoncer en janvier son retrait du projet assorti d’une charge de dépréciation de 200 millions de livres.
Plus d'articles du même thème
-
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
Roundhill met au point un ETF pour protéger les portefeuilles face à l’IA
Le fonds, à gestion passive, réplique l’indice Akros U.S. Heavy Assets Low Obsolescence, sélectionnant 100 sociétés américaines à forts actifs physiques
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Printemps franco-algérienDZ mafia, coopération judiciaire et Christophe Gleizes au programme de la visite de Gérald Darmanin à Alger
Le garde des Sceaux entend « revenir avec des informations et des noms » de profils dangereux du narcotrafic qui se sont mis à l'abri en Algérie -
Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas, a été tué lors d’une frappe israélienne
Samedi 16 mai, Israël a indiqué avoir tué, vendredi, par une frappe ciblée, Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas et l’un des responsables de l'attaque du 7-Octobre -
L’Iran affirme discuter avec des pays européens pour franchir le détroit d’Ormuz
« Des [pays] Européens ont entamé des négociations avec la marine des gardiens de la révolution » pour traverser le passage, a indiqué la télévision d’État iranienne. Les noms des pays concernés n’a pas été précisé et, pour l’heure, aucun pays européen n’a confirmé cette déclaration de Téhéran