En Asie plus d’un groupe français sur deux réduit le nombre d’expatriés
«La Recherche et
Développement est en expansion rapide en Asie». Tel est le constat des
conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF) qui ont récemment
présenté les conclusions d’une enquête menée auprès d’une cinquantaine de
grandes entreprises, «La stratégie des grands groupes français en Asie».
Selon cette enquête « 60% des groupes industriels interrogés sont
fortement implantés en Asie en matière de R&D». Des pays comme la Chine, mais aussi l’Inde ont cessé, et depuis plusieurs années, d'être seulement considérés comme des terres de production industrielle par les mutlinationales. «20% ont des centres qui ont
un leadership mondial dans leurs domaines», ajoutent les auteurs. Alain Coine, président de la Commission
Asie Pacifique des CCEF, prend l’exemple de «EADS qui dispose d’un centre de R&D pour le plastique en Malaisie et un autre pour les métaux en Indonésie, ou Dassault en Inde pour l’électronique».
En revanche «les groupes d’activités de services restent faiblement
positionnés en R&D en Asie», poursuit l’étude.
Au chapitre des ressources humaines, les évolutions méritent un éclaircissement. «50%
des groupes réduisent le nombre de leurs expatriés», souligne l’enquête.
Cette tendance ne signifie pas nécessairement un repli de la voilure de la part
des grands groupes. Il peut parfois s’agir, au contraire, une étape stratégique avec l’acquisition
d’une société locale par le groupe français, ce qui provoque des arbitrages entre salariés expatriés
et salariés locaux défavorables aux premiers.
Autre tendance, «les
principaux responsables en Asie sont essentiellement des locaux biculturels
(anglais)». Mais si les postes de numéro 1 dans un pays passent
progressivement des mains d’expatriés à celles de locaux, «le chemin
reste long», précise l'étude. Enfin «35% des groupes interrogés ont un ou plusieurs
asiatiques dans leurs équipes du comité exécutif ou de la direction générale
mais aucun n’a d’asiatique au niveau du conseil d’administration».
Enfin au chapitre de l’organisation
interne, «20% (des groupes interrogés) ont une direction Asie centralisée
au Siège, 70% ont une direction Asie basée sur place : Singapour (10),
Hong Kong (8), Pékin (6), Shanghai (5), Tokyo (2)», indiquent les CCEF.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATMétaux stratégiques : l’autre front des tensions géopolitiques
Derrière les 20 % de brut mondial transitant par le détroit d'Ormuz, la crise affecte directement les métaux. La région détient 10 % des capacités de production d'aluminium, exposées à des dommages permanents, et sécurise 40 à 50 % des exportations mondiales de soufre, un intrant indispensable à l'extraction du cuivre et du nickel. -
PARTENARIATIA: où se situent les vraies opportunité d’investissement ?
L’IA crée des goulots d’étranglement techniques qui se transforment en opportunités majeures pour surperformer le marché. -
Prosus estime avoir réussi son virage stratégique
Le conglomérat technologique néerlandais table sur une hausse de son bénéfice par action sous-jacent comprise entre 19% et 28% pour son exercice clos fin mars 2026.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
- L’assurabilité climatique refait surface dans l’agenda politique
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter