Emmanuel Macron propose de plafonner la rémunération des patrons en Europe
Emmanuel Macron surfe sur la polémique liée à la rémunération de Carlos Tavares, le directeur général du constructeur automobile Stellantis. Le président candidat propose de définir au niveau européen un plafond pour la rémunération des dirigeants d’entreprises.
La rémunération de Carlos Tavares a atteint 19 millions d’euros au titre de 2021. S’y ajoutent des plans d’intéressement à long terme. Le montant total, soumis à conditions, équivaudrait à 66 millions d’euros selon la société de gestion Phitrust. Le 13 avril, les actionnaires de Stellantis ont rejeté à 52% le rapport sur les rémunérations 2021 du groupe issu de la fusion PSA-Fiat Chrysler. Un vote négatif qui ne remet pas en cause les montants versés, puisque le droit néerlandais, dont dépend le constructeur, n’impose pas de say on pay contraignant aux sociétés.
« C’est choquant, c’est excessif », a déclaré Emmanuel Macron sur Franceinfo en dénonçant ces « montants astronomiques ». « Il faut se donner des plafonds et avoir une gouvernance pour notre Europe qui rendent les choses acceptables, sinon la société, à un moment donné, explose. Les gens ne peuvent pas avoir des problèmes de pouvoir d’achat […] et voir ces sommes », a-t-il expliqué.
Partage de la valeur
Le chef de l’Etat a toutefois écarté l’idée d’un rapport maximum de 1 à 20 dans l'échelle des salaires d’une entreprise, comme le proposait Jean-Luc Mélenchon. «Sans l’encadrer dans une fourchette, on doit pouvoir mettre un plafond, si on le fait au niveau européen ça peut marcher», a ajouté Emmanuel Macron. Au-delà d’une telle réforme à l'échelle des Vingt-Sept, le candidat propose, à l'échelle nationale, de «complètement changer le pacte de partage de la valeur ajoutée dans l’entreprise» en imposant un «lien obligatoire» entre versement de dividendes aux actionnaires et versement aux salariés d’un intéressement, d’une participation, ou d’une prime de pouvoir d’achat.
Marine Le Pen n’est pas en reste dans le concours Lépine des mesures destinées au partage de la valeur. La candidate a jugé sur BFM TV et RMC qu'«un des moyens d’atténuer ces rémunérations qui sont hors de proportion par rapport à la vie économique, c’est peut-être justement de faire entrer les salariés comme actionnaires.» Elle évoque «un concept qui serait une sorte de réserve légale de titres, qui serait partagée par tous les salariés à égalité, totalement».
Voté sous Emmanuel Macron, la loi Pacte impose aux entreprises cotées de publier un ratio d'équité. Ce ratio apprécie l’écart entre la rémunération de chaque dirigeant et le salaire (moyen et médian) des salariés à temps plein de son entreprise.
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