Eircom veut profiter du retour en grâce de l’Irlande pour revenir en Bourse

Détenu par ses créanciers depuis 2012, l’opérateur de télécoms irlandais envisage une introduction en Bourse pour assouplir un peu plus sa dette
Olivier Pinaud

Tout un symbole. Victime de l’exubérance des grandes années LBO et de la crise irlandaise, Eircom envisage un retour sur les marchés financiers. Passé en 2012 sous le contrôle de ses créanciers, l’opérateur historique de télécoms irlandais réfléchit à une introduction en Bourse (IPO) afin de conforter son redressement financier. Le groupe a engagé Rothschild pour l'épauler. D’autres options sont à l’étude, a précisé la direction d’Eircom.

Si la voie de l’IPO est retenue, ce serait la troisième fois pour Eircom. Après le fiasco de la privatisation de Telecom Eireann en 1999, suivie deux ans plus tard par son rachat par le consortium Valentia, l’opérateur avait été une nouvelle fois mis en Bourse en 2004. Avant de repasser dans les mains d’un fonds d’investissement, en l’occurrence celles de Babcock & Brown. Eircom avait été par la suite repris par Temasek. Cette succession de LBO a conduit à la création d’un stock de dette de plus de 4 milliards d’euros. Et poussé Eircom au redressement judiciaire en 2012.

Le groupe est détenu depuis par ses créanciers seniors, Blackstone en tête avec environ un quart du capital, suivi par Alcentra, Silver Point ou Anchorage Capital. Cette prise de contrôle s’était soldée par l’annulation de près d’un milliard d’euros de dette. La structure porte encore une dette de 2,35 milliards d’euros, soit plus de 6 fois l’Ebitda estimé pour l’exercice 2013-2014, selon Moody’s.

Eircom a préparé la voie à une mise en Bourse en obtenant en février dernier un réaménagement de 2 milliards d’euros de dette. La maturité de ses lignes a été allongée de deux ans à septembre 2019. La marge avait été augmentée de 25 points de base, à 425 pb au-dessus de l’Euribor. Le groupe avait également obtenu la portabilité de sa dette en cas de changement d’actionnaires ainsi que la possibilité de distribuer des dividendes en cas de mise en Bourse. Enfin, les prêteurs avaient accepté que la dette et le capital d’Eircom puissent désormais être traités séparément.

L’IPO d’Eircom symboliserait le retour progressif à la normale pour l’économie irlandaise, le pays ayant de nouveau accès aux marchés financiers. En un an, deux groupes irlandais d’immobilier sont entrés en Bourse. Un troisième doit suivre dans les prochaines semaines tandis que le groupe hôtelier Dalata est coté depuis la mi-mars.

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