Eircom pousse à une restructuration de sa dette sous peine de casser ses covenants
Le temps presse de plus en plus pour Eircom. L’opérateur de télécoms irlandais, détenu depuis début 2010 par le fonds souverain singapourien Temasek Holdings, a indiqué vendredi qu’il doit impérativement accélérer ses discussions avec ses actionnaires et ses créanciers sous peine de casser ses clauses de dette (covenants) d’ici 3 à 6 mois. Ces covenants ne sont pas communiqués par l’opérateur.
Le groupe avait déjà tiré le signal d’alarme début mars. Mais, depuis, le chantier n’a pas évolué. Le groupe a mandaté JPMorgan et le cabinet spécialisé dans les restructurations de dette Gleacher Shacklock pour diriger l’opération. Une augmentation de capital n’est pas exclue par la direction d’Eircom. Le groupe supporte la dette héritée d’un LBO mis en place en 2006 sous l’égide du fonds d’investissement australien Babcock & Brown avant son rachat par Temasek.
Au 31 mars 2011, Ercipe Group, le véhicule créé lors du rachat d’Eircom, portait une dette nette de 3,74 milliards d’euros, soit 5,65 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda). La dette senior représente 2,7 milliards d’euros. Elle est notamment complétée par un emprunt PIK (remboursable en cash ou en titres) de 643 millions d’euros à échéance 2017, avec un spread de 700 points de base au-dessus de l’Euribor. Selon l’échéancier publié par la société, 272 millions d’euros doivent être remboursés d’ici à juin 2014, une somme qui pourrait être financée par le cash-flow généré par le groupe. En revanche, la situation se gâte après 2014. Le groupe devra alors rembourser 1,22 milliard puis 1,57 milliard supplémentaires en 2015-2016 et encore 993 millions en juin 2017.
Malgré un plan drastique de réduction des coûts (-13% au troisième trimestre de l’exercice 2010-2011), comprenant notamment la mise en place prochaine d’une baisse de 10% des salaires à la suite d’un accord récent avec les syndicats, Eircom n’arrive toujours pas à s’extirper des conséquences de la crise irlandaise. Au cours des trois premiers mois de l’exercice 2010-2011, son chiffre d’affaires a chuté de 7% à 1,28 milliard d’euros. Son Ebitda a plié de 3% et devrait continuer à reculer, selon la direction de l’opérateur, sous l’effet des résiliations d’abonnements aux lignes fixes et mobiles.
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