Eiffage envisage des cessions d’actifs mais aucune augmentation de capital

La vente des murs de ses prisons rapporterait plus de 200 millions d’euros. Le groupe va se pencher sur le refinancement de la dette d’Eiffarie
Olivier Pinaud

Pour 2011, Pierre Berger, qui prendra officiellement la direction générale d’Eiffage le 1er juillet prochain, s’est fixé deux priorités: profiter de la reprise de l’activité pour remonter les marges et gérer la dette du groupe de construction et de concessions. Selon lui, Eiffage «n’a pas le couteau sous la gorge», mais les 13,96 milliards d’euros de dette logée dans le pôle concessions méritent une attention particulière alors que S&P attribue une perspective négative à la note BBB- du groupe.

«Nous n’avons pas envisagé et nous n’envisageons pas d’augmentation de capital», affirme Jean-François Roverato, le PDG d’Eiffage. En revanche, des cessions d’actifs ne sont pas exclues. Le groupe réfléchit par exemple à vendre les murs des quatre prisons françaises qu’il a en concession pour ne conserver que leur exploitation. L’opération pourrait rapporter environ 200 à 250 millions d’euros, estime la direction d’Eiffage. La diminution progressive des investissements dans les concessions arrivées à maturité pourrait également permettre d’économiser 400 millions d’euros en trois ans. Enfin, l’intégration fiscale du réseau autoroutier APRR, rendue possible depuis le passage en juin 2010 de la barre des 95% du capital, permettra de comptabiliser 400 millions de d’euros de crédits d’impôts. Soit au total, 1 milliard de dette en moins sur les concessions en trois ans.

Pour autant, ces mesures ne suffiront pas. En 2013, Eiffage commencera en effet à supporter la dette de la ligne à grande vitesse Le Mans-Rennes qu’il vient de remporter. Si «les banques manifestent un grand appétit pour financer ce projet» selon Jean-François Roverato (le choix du syndicat devrait être arrêté fin mars), la LGV alourdira la dette bancaire d’environ 800 millions d’euros, effaçant les efforts précédemment énoncés.

Résultat, Eiffage va se pencher dans les prochains mois sur le refinancement de la dette bancaire d’Eiffarie et de sa filiale APRR qui portent à elles deux 11,4 milliards de dette (81% du total du groupe). La dette d’Eiffarie (3,6 milliards), qui arrive à échéance en février 2013, sera refinancée par la levée d’une nouvelle ligne de crédit. Celle d’APRR (6,6 milliards) sera quant à elle refinancée par un «flux régulier d’émissions obligataires» à l’image du milliard placé en janvier dernier (L’Agefi Quotidien du 6 janvier).

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