EDF sort indemne des discussions sur le financement de la transition énergétique

Le groupe échappe à une taxe. Il devrait néanmoins contribuer, grâce à la hausse du dividende générée par l’allongement de l’amortissement de ses actifs
Olivier Pinaud

EDF s’en sort bien. Alors que les réflexions sur le mode de financement des investissements liés à la transition énergétique de la France pouvaient laisser craindre la mise en place d’une nouvelle taxe sur le parc de centrales nucléaires du producteur d’électricité, à l’image des modèles allemand et belge, le gouvernement a choisi une voie nettement moins douloureuse financièrement pour le groupe.

Les actifs nucléaires d’EDF seront bien mis à contribution mais le transfert vers l’Etat ne prendra pas la forme d’une taxe. «Ça ne sera ni une taxe sur l’entreprise EDF, ni une taxe sur ses clients», a confirmé Philippe Martin, ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie, dimanche soir sur RTL.

Le mécanisme envisagé devrait passer par une modification du mode d’amortissement des centrales d’EDF. Actuellement, celles-ci sont amorties sur 40 années alors que les investissements du groupe sur ces actifs (amélioration, maintenance, sécurité…) sont souvent prévus pour des durées de vie supérieures. L’allongement de la durée d’amortissement, plus conforme à la réalité industrielle, permettrait ainsi de réduire chaque année le montant des amortissements comptabilisés et donc d’augmenter mécaniquement les bénéfices d’EDF. L’idée de l’allongement de la durée d’amortissement est avancée depuis plusieurs mois par la direction du groupe d'énergie.

L’Etat s’y retrouverait de deux manières. D’une part, avec plus de bénéfices, l’assiette fiscale du groupe serait élargie. D’autre part, avec 84% de son capital, l’Etat serait assuré mécaniquement de gagner encore plus en dividendes en supposant un maintien au niveau actuel du taux de redistribution des bénéfices. L’Etat perçoit déjà chaque année 1,9 milliard d’euros de dividendes d’EDF.

La modification de la durée d’amortissement des actifs nucléaires et les discussions en cours avec la Commission de régulation de l’énergie pour le traitement comptable du réseau de distribution de l’électricité, permettraient d’accroître de 10% à 20% les résultats d’EDF, calculaient récemment les analystes de Morgan Stanley. Rien que par ce mécanisme comptable, l’Etat pourrait ainsi réorienter plusieurs centaines de millions d’euros vers le financement de la transition énergétique sans que cela pèse sur les résultats d’EDF.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...