EDF sort indemne de la loi sur la transition énergétique
Les craintes soulevées par la campagne électorale de François Hollande en 2012 sur l’avenir d’EDF sont bien loin. Le projet de loi de transition énergétique présenté hier par Ségolène Royal, la ministre de l’Ecologie, épargne le producteur d’électricité alors que le candidat Hollande avait promis la fermeture de 24 réacteurs nucléaires d’ici à 2025 pour obtenir le soutien politique des Verts.
Seule la fermeture de Fessenheim est confirmée. Mieux, le projet de loi conforte la place du nucléaire dans le mix énergétique français. «C’est grâce à l'énergie nucléaire aujourd’hui, à la sécurité qu’elle apporte que nous pouvons accélérer et faire sereinement la transition énergétique», a déclaré Ségolène Royal.
Le projet de loi confirme bien l’objectif de campagne de François Hollande de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production d'électricité à l’horizon 2025, mais cette réduction passera essentiellement par le développement de ressources alternatives et non par la fermeture de centrales. Le pouvoir pour l’Etat de fermer des centrales nucléaires, aujourd’hui uniquement détenu par EDF et par l’Autorité de sûreté nucléaire, ne figure pas dans le projet de loi comme l’avait pourtant annoncé François Hollande lors de la dernière conférence environnementale. Le texte prévoit en effet un outil de réévaluation des besoins d'énergie, secteur par secteur, présenté tous les cinq ans dans une programmation pluriannuelle. En fonction de celle-ci, EDF décidera de l'évolution de ses installations.
Hier, le cours de l’action EDF a gagné 0,11% à 26,65 euros. En avril 2012, lors de la victoire de François Hollande elle avait touché un plus bas historique sous les 14 euros. Il a donc quasiment doublé depuis l’arrivée au pouvoir de la majorité actuelle, contre une hausse d’environ 40% pour le CAC 40.
Malgré un risque politique encore réel sur l’action EDF, en raison des mesures à venir, notamment la nouvelle formule de calcul du tarif de revente de l’électricité nucléaire aux distributeurs alternatifs, les analystes de la Société Générale rappelaient l’importance du groupe pour l’Etat. En plus des 2 milliards d’euros de dividendes annuels, EDF paye 1,9 milliard d’euros d’impôts sur les sociétés, soit 3,8% de l’IS perçu par la France en 2013. Et en ajoutant la TVA et les autres taxes sur les factures d’électricité, les analystes estiment la contribution totale d’EDF aux finances publiques à plus de 8 milliards d’euros.
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