EDF s’est désendetté de 20,2 milliards d’euros en moins d’un an
Cession du réseau de distribution au Royaume-Uni (6,8 milliards d’euros), vente des 45% dans l’allemand EnBW (7 milliards) et prochaine déconsolidation de la dette de Réseau de transport d’électricité (6,4 milliards). En à peine six mois, EDF aura réussi à alléger sa dette de 20,2 milliards d’euros.
Annoncé cet été (L’Agefi du 22 juillet), le transfert de 50% du capital de RTE au fonds chargé de couvrir les coûts futurs de démantèlement des centrales nucléaires existantes et de stockage des déchets radioactifs est en effet en bonne voie. Le conseil d’administration d’EDF en a approuvé le principe hier. Reste maintenant à l’Etat à modifier le décret de février 2007 sur le mode de financement du fonds et à reprendre les deux sièges au conseil d’administration de RTE laissés libres par EDF. La publication du décret, et le changement de gouvernance de RTE, devraient intervenir au plus tard en début d’année 2011. EDF pourra alors ne plus consolider la dette de sa filiale même si celle-ci sera toujours détenue à 100%.
Conséquence, alors qu’il culminait à la fin juin 2010 à 44,1 milliards d’euros, l’endettement du producteur et distributeur d’électricité tombera à 24 milliards d’euros après cette opération. Soit bien en dessous de la limite fixée par la direction, à 2,5 fois l’excédent brut d’exploitation, estimé à 15 milliards d’euros pour 2011 en tenant compte des cessions. En outre, cela permettra à EDF «de réaliser des économies sur la trésorerie d’exploitation puisque l’apport de 50% du capital de RTE se substituerait aux versements que doit faire EDF à intervalles réguliers pour doter le portefeuille d’actifs dédiés à couvrir les charges futures du nucléaire», expliquent les analystes crédit de Natixis.
Après avoir bien vendu les actifs, avec des primes de 23% pour les réseaux britanniques et de 19% pour EnBW, la direction d’EDF va maintenant devoir prouver qu’elle sait aussi acheter à bon compte. La réduction de l’endettement lui redonne une marge de manœuvre pour réaliser des acquisitions sans mettre en danger sa notation A+ auprès de S&P. Tous les analystes s’attendent à un premier mouvement en Italie où EDF détient Edison, aux côtés de A2A. Leur pacte d’actionnaires arrive à échéance en 2011. EDF était entré au capital en 2005 au prix de 1,86 euro par action. L’action est depuis tombée à 0,82 euro.
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