EDF prend tout le monde à revers en remontant audacieusement son dividende
Henri Proglio, le PDG d’EDF, a sorti de sa manche une carte que personne n’attendait hier : une hausse du dividende. Au titre de 2012, le producteur d’électricité versera un coupon total de 1,25 euro par action, contre 1,15 euro au titre de 2011. En tenant compte de l’acompte sur dividende de 0,57 euro par action payé en décembre 2012, le solde du dividende restant à payer est de 0,68 euro par action. Le groupe va ainsi distribuer 55% de son résultat net courant, conforme à l’objectif de 55% à 65% annoncé initialement. Au total, EDF versera l’équivalent de 2,31 milliards d’euros, 200 millions de plus que pour 2011. L’Etat en percevra 84%.
Si ce geste a été salué par une hausse de 4,99% du cours de l’action hier, à 14,95 euros, alors que bon nombre d’investisseurs misaient depuis plusieurs semaines sur une baisse du dividende, la hausse du coupon doit être relativisée. Elle provient d’une part d’éléments positifs exceptionnels, comme le bénéfice financier de 2,7 milliards d’euros lié en partie à des reprises nettes pour dépréciations d’actifs financiers, et comme le gain de 629 millions d’euros au titre des coûts de portage passés cumulés de la Contribution au service public de l’électricité payés par l’Etat. D’autre part, pour limiter la sortie de trésorerie, EDF paiera une partie de la hausse du dividende en actions.
Chaque actionnaire aura ainsi la possibilité d’opter pour le paiement en actions nouvelles EDF pour une quote-part de 0,10 euro par action sur le solde du dividende restant à distribuer. 185 millions d’euros seront ainsi payés en actions nouvelles, ce qui entraînera sur la base du cours d’hier la création d’un peu plus de 12 millions de titres, 0,64% du capital.
«La hausse du dividende en l’absence de toute certitude sur les futures tendances en matière de tarifs et d’investissements est une décision audacieuse ou un signal fort», s’interroge un analyste. Car en 2013, EDF devra «tracer avec les autorités publiques une trajectoire tarifaire capable de donner de la visibilité à l’ensemble du secteur et de ses acteurs», a reconnu Henri Proglio. Il s’agit notamment de fixer la formule des prix auquel il devra vendre une partie de son nucléaire à la concurrence. Le groupe doit également clarifier sa situation sur le marché nucléaire britannique. Dans ce contexte, la hausse du dividende ressemble à un coup de poker.
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