EDF obtient des garanties pour la fermeture de Fessenheim
La centrale de Fessenheim fermera, comme promis il y a cinq ans par le candidat François Hollande lors de la dernière campagne présidentielle. Mais l’enclenchement officiel de sa fermeture sera plus tardif que prévu et n’interviendra pas avant la fin du mandat de François Hollande. Lors d’un conseil d’administration tendu, EDF a obtenu hier un délai et des engagements avant que ne soit signé le décret permettant l’arrêt de la centrale nucléaire alsacienne.
Le conseil d’administration a donné, de justesse, son accord pour qu’une demande d’abrogation d’exploiter la centrale soit transmise à l’Etat. Mais la demande ne sera faite que «dans les six mois précédant» la mise en service de l’EPR de Flamanville, prévue à l’horizon 2019, a indiqué EDF dans un communiqué. A l’origine, le gouvernement souhaitait que la demande soit transmise immédiatement.
De même, EDF a obtenu que la fermeture de Fessenheim «soit nécessaire au respect du plafond légal de 63,2 GW, tant à la date de demande d’abrogation qu'à la date de mise en service de l’EPR de Flamanville». Ce plafond a été fixé par la loi sur la transition énergétique. Il correspond au niveau actuel de la capacité de production du parc français. Conséquence de cet accord, si aux dates annoncées, un ou plusieurs réacteurs étaient indisponibles pour une durée longue, le groupe ne serait pas contraint de transmettre une demande de fermeture de Fessenheim. EDF, qui a dû arrêter plusieurs centrales ces derniers mois pour des examens de sécurité, se prémunit ainsi d’un risque de réduction importante de sa production électrique.
Une indemnisation fixe de 489 millions d’euros
Par ailleurs, le Conseil d’administration a donné son accord pour que le PDG d’EDF signe le protocole d’indemnisation négocié avec l’Etat «au plus tard à la date à laquelle cette demande sera adressée», selon le communiqué du groupe. Ce protocole prévoit qu’EDF reçoive une indemnisation fixe de 489 millions d’euros, à laquelle viendra s’ajouter une éventuelle part variable en fonction du manque à gagner d’EDF jusqu’en 2041 de l’arrêt de la production de Fessenheim.
Même si l’accord est loin des promesses du gouvernement, la ministre de l’Energie Ségolène Royal a salué une «bonne décision», qu’elle entend confirmer «juridiquement dans les prochains jours».
Cette décision clôt des jours de tractations entre l’Etat, EDF et ses administrateurs pour parvenir à un compromis. Durant le Conseil, une première délibération, actant la possibilité de prendre immédiatement le décret de fermeture, a été rejetée par les administrateurs et n’a donc pas été soumise au vote, rapporte l’AFP.
Après une longue suspension de séance, une seconde délibération a été présentée, et mise au vote, accordant de nouvelles garanties à EDF et un délai supplémentaire, alors que le groupe avait déjà posé en janvier trois conditions, toutes réunies depuis, pour poursuivre le processus de fermeture. Les six administrateurs salariés ont voté contre cette délibération mais les six administrateurs indépendants, dont le PDG du groupe Jean-Bernard Lévy, qui a une voix prépondérante en cas d'égalité ont voté pour, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier. Les six administrateurs représentant l’Etat n’ont pas pris part au vote, en raison d’un conflit d’intérêts, puisque l’Etat est actionnaire à plus de 83% de l'électricien.
Plus d'articles du même thème
-
Technip Energies complète sa gamme de contrats aux Emirats arabes unis
Le groupe parapétrolier profite de la redistribution des cartes induite par la guerre dans le Golfe pour remporter un contrat significatif d'ingénierie à Abou Dhabi. -
Météo et risques géopolitiques font grimper le prix des céréales
Les attaques contre des navires en mer Noire bloquent les exportations de blé, tandis que la sécheresse ou les pluies excessives dans certains pays producteurs, combinées à l’arrivée prochaine d’El Niño, font craindre une baisse sensible des récoltes. -
Les cours du pétrole reculent en amont d’un durcissement des sanctions contre l’Iran
Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a déclaré que Washington imposerait les sanctions «les plus sévères» de l’histoire, une campagne inédite d’isolement économique visant à contraindre l’Iran et ses partenaires commerciaux à se conformer aux exigences américaines. Le trafic dans le détroit d’Ormuz reste très limité, et assez peu d’analystes imaginent un changement rapide.
ETF à la Une
Les ETF actifs engrangent plus de 89 milliards de dollars de collecte en juillet
- Crédit Agricole Assurances accélère sa diversification et mise sur l’affinitaire
- BNP Paribas déplore les manquements de la justice américaine dans le litige sur son rôle au Soudan
- Un super El Niño mettra à l’épreuve les marchés agricoles et énergétiques mondiaux
- Les émissions d’obligations d'entreprises reprennent de plus belle
- L’arbitrage entame sa mue pour gagner en efficacité
Contenu de nos partenaires
-
Un jour, mon fils, tout ceci sera à toiLa taxation de l'héritage, une impasse française
Pour financer la baisse des prélèvements sur le travail, la gauche relance l'idée d'alourdir la taxation des gros héritages, avec des espoirs de rendement probablement surestimés. La droite, elle, reste insensible à l'augmentation du patrimoine hérité et refuse toute hausse de la fiscalité -
CompétitivitéMario Draghi de retour pour secourir une Europe « faible »
Deux ans après son rapport sur la compétitivité européenne, l’ex-patron de la BCE lance un club appelant à des mesures urgentes -
Coulisses« C’était long, long, long » : face aux économistes, les sherpas des candidats à la présidentielle déçoivent
Après avoir passé deux heures avec les conseillers économiques des candidats à la présidentielle, les économistes restent sur leur faim