EDF joue la carte de l’allongement de la dette
En mettant hier la touche finale à son refinancement obligataire dévoilé la semaine dernière (L’Agefi du 29 octobre), EDF a clairement joué la carte de l’allongement de la dette. En vue de refinancer des lignes 2013, 2014 et 2015, placées entre mai 2008 et janvier 2009, l’électricien a décidé de réémettre à 15 ans et 30 ans. Il a vendu hier deux lignes de 750 millions d’euros chacune.
Les investisseurs ont répondu présent avec une demande supérieure à 3,3 milliards d’euros (plus de 1,75 milliard à 15 ans et plus de 1,55 milliard à 30 ans). Cela a permis au groupe de sortir à des conditions plus favorables que le prix envisagé. Le 15 ans a trouvé preneur à mid swap +108 points de base (contre une fourchette initiale de 110/115) tandis que le 30 ans a été placé à mid swap +160 pb (160/165 pour la fourchette). «Sur le 15 ans la demande provient à 52% de l’international. Sur le 30 ans, elle est britannique à 54%, allemande et autrichienne à 24% et française à 8%», détaille Frédéric Gabizon, responsable marchés primaires obligataires chez HSBC France, banque en charge de l’opération avec BNP Paribas, CA CIB, Deutsche Bank, Goldman Sachs et Natixis.
«Avec cette opération, nous souhaitions avoir un véritable impact sur la maturité de la dette du groupe, ajoute Stéphane Tortajada, directeur financement et investissements du groupe EDF. Elle va nous permettre in fine de gagner 6 mois, avec une maturité moyenne portée à 9,3 ans, du fait de toutes les émissions de 2010. Fin 2009, elle n’était que de 7,4 ans».
Grâce aux fonds levés, EDF a en effet racheté plus de 30% de la souche 2013 (2 milliards de nominal), 38% de la 2014 (600 millions) et plus de 30% de la 2015 (2 milliards). Le tout à des prix de 108,609% du pair sur la souche 2013, 110,903% sur la 2014 et 112,09% sur la 2015.
Si EDF a privilégié l’allongement de sa dette au travers de ces opérations, il n’en réalisera pas moins quelques économies sur ses frais financiers annuels. Car il est aujourd’hui possible de placer des titres longs avec des coupons inférieurs à ceux des titres de maturités plus courtes émis au plus fort de la crise. Les titres rachetés avaient des coupons de 5% (2014), 5,125% (2015) et 5,625%(2013), soit une moyenne pondérée de 5,3%. En se refinançant avec des coupons de 4% (15 ans) et 4,5% (30 ans), soit moins que la moyenne du groupe (de 4,7%), EDF va ainsi gagner en moyenne plus de 1 point sur les montants concernés. «Jamais un corporate n’était sorti aussi bas à 30 ans», conclut Frédéric Gabizon.
Plus d'articles du même thème
-
L’immobilier d’entreprise laisse entrevoir une légère embellie
Le marché locatif des bureaux en Ile-de-France a ramené sa baisse sur un an de 15% à 5% entre fin mars et fin juin, toujours freiné par le contexte économique. Les investissements s’améliorent légèrement, mais surtout avec le soutien d’un méga-deal dans le secteur logistique. -
Caceis s'installe à Stockholm pour cibler les pays nordiques
Caceis mise sur la Scandinavie pour étendre son influence en Europe du Nord. -
Une hirondelle ne fait pas le printemps du comportement de paiement
Le retard moyen a fondu au deuxième trimestre, mais les mauvais payeurs font encore des ravages, selon Ellisphere.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Les actions coréennes approchent du bear market
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Paiements numériquesLe paiement par agent IA : la révolution au bout des doigts
Les systèmes d'intelligence artificielle ne se contentent plus d'assister les utilisateurs, ils commencent à agir pour leur compte. La question n'est donc plus celle de la performance mais celle des conditions dans lesquelles individus, entreprises et institutions acceptent de déléguer des décisions et, demain, des transactions. -
NumériqueEntreprise américaine, infrastructure européenne : le nouveau défi de la souveraineté des paiements
Christine Lagarde, présidente de la BCE, souligne « l’importance d’avoir les paiements numériques sous notre contrôle » -
La Fabrique de l'OpinionSécurité alimentaire : les fruits et légumes, au cœur des équilibres et déséquilibres du globe
« La production de fruits et légumes planétaire a triplé en cinquante ans. Au total, ce sont 3 150 milliards de kilogrammes par an qui sont récoltés ! A titre de comparaison, les grandes céréales que sont le blé, le maïs et le riz représentent ensemble 2 500 milliards de kilos... Qui dit sécurité alimentaire mondiale dit donc fruits et légumes», écrit Sébastien Abis