EDF fait le choix d’intégrer totalement son pôle d’énergies renouvelables
Les énergies renouvelables ont creusé l’écart avec le nucléaire depuis la catastrophe japonaise. Conseillé par Barclays, Credit Suisse et la Société Générale, EDF a jugé le moment suffisamment propice pour lancer vendredi une offre de rachat sur les 50% du capital d’EDF Energies Nouvelles (EDF EN) qu’il ne contrôle pas encore.
L’offre simplifiée comporte «une branche en numéraire au prix de 40 euros par action» et une partie en titres (13 actions EDF pour 11 actions EDF EN). L’ensemble valorise la cible environ 3 milliards d’euros, soit une prime de moins de 6% par rapport à sa capitalisation de 2,84 milliards jeudi dernier en clôture. Avec 25,1% du capital, le groupe familial de Pâris Mouratoglou, président du conseil d’administration d’EDF EN, apportera l’intégralité de sa participation «pour moitié à l’OPA et pour moitié à l’OPE».
L’électricien français lancera un programme de rachat d’actions compris entre 300 millions et un milliard d’euros, qui permettra d’annuler la dilution induite par l’opération dont le bouclage est prévu pour le 5 juillet prochain. Celle-ci aura donc relutif immédiat sur le résultat net part du groupe «de plus de 2% en année pleine», soit 90 millions d’euros en 2012, et un impact négligeable sur son ratio de dette nette/excédent brut d’exploitation.
«On estime que le prix proposé par EDF est insuffisant et nous déconseillons d’apporter les titres à l’offre», a indiqué Frédéric Rozier, gérant chez Meeschaert Gestion privée. Il fait état d’un consensus de cours compris entre 42 et 45 euros, à comparer à un prix d’introduction de 28 euros d’EDF EN en 2006. La cotation des deux titres, suspendue depuis vendredi, reprendra aujourd’hui.
Le directeur financier d’EDF Thomas Piquemal a expliqué que cette décision est «l’aboutissement d’un processus de réflexion stratégique commencé il y a plusieurs mois». Le marché des énergies renouvelables «aborde une nouvelle phase de son développement, caractérisée par l’augmentation de la taille unitaire et de la complexité des projets, ainsi que l'émergence de grands acteurs globaux».
Par ailleurs, «EDF étudiera l'éventualité d’une fusion avec EDF Energies nouvelles, entre autres alternatives potentielles». Cette solution permettrait d’empêcher un investisseur détenteur d’au moins 5% du capital de la cible de bloquer ultérieurement une procédure de retrait de la cote.
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