Economies et cessions d’actifs au cœur de l’ultime plan stratégique d’Alcatel-Lucent
Cela s’apparente au plan de la dernière chance pour Alcatel-Lucent. Arrivé aux commandes de l’équipementier en télécoms en avril dernier, Michel Combes présente demain matin son plan stratégique. Le crédit garanti de 2 milliards d’euros obtenu en début d’année de Credit Suisse et Goldman Sachs a réduit le risque d’une crise de liquidité à court terme. «Michel Combes a deux ou trois ans pour restructurer le groupe sans réelle pression financière», estime Morgan Stanley.
Mais au-delà, le directeur général doit prouver qu’Alcatel-Lucent est capable de retrouver une activité autofinancée, ce qu’il n’a réellement fait qu’une année depuis sa création fin 2006.
Selon les premières déclarations de Michel Combes, et les prévisions des analystes, le nouveau plan de l’équipementier devrait comporter deux séries de mesures fortes, à l’image de ce qu’Ericsson et Nokia Siemens Networks (NSN), les deux concurrents européens d’Alcatel-Lucent, ont pu faire dans le passé en période de crise. Les premières viseront à baisser un peu plus la structure de charges du groupe, au-delà du plan d’économies de 1,25 milliard d’euros lancé l’an dernier par Ben Verwaayen, l’ancien directeur général. Selon Deutsche Bank, Alcatel-Lucent est encore en retard par rapport à Ericsson et NSN, avec des charges de fonctionnement (SG&A) qui représentent encore 15% de son chiffre d’affaires, 4 à 5 points de plus que ses comparables européens.
Ces efforts permettraient de fixer un objectif de marge opérationnelle plus crédible alors que les 6% à 9% paraissent aujourd’hui trop ambitieux pour les analystes. Michel Combes devra faire preuve de fermeté sur la mise en œuvre de ce plan. Les 350 millions d’euros de charges de restructuration passées chaque année depuis cinq ans par le groupe ont eu un faible effet sur l’amélioration des coûts opérationnels, rappelle Morgan Stanley.
La seconde série de mesures visera à recentrer le groupe sur ses activités les plus génératrices de cash. Des cessions ne sont pas exclues : les câbles sous-marins, la division entreprises, les services voire, de façon plus radicale, la division mobile. Le groupe se concentrerait alors sur les équipements fixes, notamment les routeurs et les cœurs de réseau, son activité la plus dynamique et la plus rentable de ces dernières années.
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