EasyJet choisit Apollo au terme de deux mois de tractations
- Le conseil d’administration d’EasyJet a approuvé à l’unanimité l’offre de rachat du fonds américain Apollo.
- Cette transaction en numéraire s'élève à 5,7 milliards de livres sterling, soit 715 pence par action d’EasyJet.
- Pour conserver ses droits de trafic en Europe, la compagnie aérienne doit maintenir sa majorité sous contrôle européen.
Après deux mois d’enchères, la bataille pour EasyJet a trouvé un dénouement jeudi 6 août. Apollo Global Management a confirmé son intention ferme de racheter la compagnie britannique pour environ 5,7 milliards de livres (6,65 milliards d’euros), quelques heures après le retrait de Castlelake. Vendredi en fin de matinée, l’action à 668,4 pence, en recul de 0,2%, évoluait encore en deçà du prix d’offre d’Apollo.
L’offre en numéraire, approuvée à l’unanimité par le conseil d’EasyJet, valorise l’action 715 pence (8,35 euros), soit une prime de 81% sur le cours de clôture du 28 mai, dernière séance avant la révélation de l’intérêt de Castlelake, dont la dernière offre s’élevait à 5,5 milliards de livres.
« Le marché estime probablement qu’il existe un risque lié à la mise en œuvre en raison de la question du contrôle de l’actionnariat », estime l’analyste aéronautique James Halstead auprès de Reuters.
Conserver le contrôle européen
Selon l’agence, la famille Haji-Ioannou et les actionnaires qui resteront investis détiendraient entre 45,1% et 49,9% du capital ordinaire du véhicule d’acquisition, un trust de gestion européen jusqu'à 5%, et les fonds d’Apollo le reste, plafonné à 49,9%, ce montage étant destiné à préserver les droits de trafic intra-européens de la compagnie, soumis à la détention de la majorité du capital par des intérêts européens.
Dans un communiqué, le fondateur de la compagnie, Stelios Haji-Ioannou, s’est engagé irrévocablement, avec le reste du concert familial, qui détient 15,31% du capital, à soutenir l’opération et à opter pour l’alternative en titres non cotés. Il précise vouloir rester actionnaire majeur de long terme. Le président du conseil, Stephen Hester, juge pour sa part que l’offre reconnaît la qualité de l’entreprise et procure aux actionnaires une valeur « immédiate, certaine et attractive ».
L’opération, si elle aboutit, se traduira par un retrait de la cote. Pour Andrea Giuricin, dirigeant du cabinet TRA Consulting cité par Reuters, « une sortie de cote allègerait la contrainte des publications trimestrielles et exposerait moins le transporteur aux turbulences attendues lorsque la hausse du kérosène se répercutera sur le prix des billets ».
Depuis la révélation des convoitises par les fonds américains, l’action EasyJet a bondi de plus de 65%, après une chute provoquée par la guerre en Iran, qui a fait décoller les prix du kérosène et qui a pesé sur la demande de voyages. Fin juillet, EasyJet a publié un bénéfice avant impôts en chute de plus de 70%, à 85 millions de livres (99 millions d’euros), au titre du troisième trimestre, clos le 30 juin dernier, de son exercice 2025-2026.
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