EADS prévoit des acquisitions pour écouler une partie de sa trésorerie

Avec 2,7 milliards d’euros de cash-flow en 2010, le groupe dispose de 11,9 milliards de disponibilités. Il ne versera pas de dividende exceptionnel
Olivier Pinaud

En reprenant le service du dividende (0,22 euro par action au titre de l’exercice 2010, 178 millions d’euros au total), après une année blanche, EADS confirme que la crise de l’A380 et ses contrecoups financiers sont derrière lui. Avec une trésorerie nette de 11,9 milliards d’euros à fin décembre 2010, montant le plus élevé de toute son histoire, le groupe d’aéronautique et de défense se trouve même dans une situation économiquement inconfortable car inefficace d’un point de vue financier. D’autant qu’il prévoit de dégager de nouveau un cash flow libre en 2011 après les 2,7 milliards d’euros accumulés en 2010, chiffre près de trois fois supérieur aux attentes du consensus d’analystes. Or, l’un des principes financiers d’EADS est de maintenir une trésorerie nette d’au moins 3 milliards d’euros, ce qui lui laisse une réelle marge de manœuvre.

Du coup, la question de l’emploi de cette trésorerie devient encore plus pressante pour le fabricant de l’A380. Louis Gallois, son président exécutif, a réaffirmé hier que le groupe ne reversera pas cet excédent aux actionnaires via une distribution exceptionnelle. Il a indiqué qu’il souhaite maintenir un niveau de dividende durable dans le futur. Néanmoins, même si EADS revenait à un coupon de 0,5 euro, moyenne des dividendes versés avant la crise, cela ne réduirait son cash-flow annuel que de 405 millions d’euros.

Evoquée ouvertement depuis l’an dernier, la réalisation d’acquisitions apparaît de plus en plus urgente pour EADS. Pour ne pas mettre le groupe «sous pression», Louis Gallois ne souhaite par fournir d’objectifs de délais ou de volume d’acquisitions. D’autant que si le directeur financier, Hans-Peter Ring, juge les valorisations «abordables» dans la défense, celles-ci ont tendance à augmenter. Selon les données de Bloomberg, sur les cinq dernières années, les acquisitions dans l’aéronautique et la défense se traitaient à un niveau de 1,2 fois le chiffre d’affaires annuel et 15 fois le résultat d’exploitation, au-dessus des multiples actuels d’EADS.

Riche, EADS se montre exigeant. Et dresse un portrait robot de la cible idéale : plus de 50% de son activité dans la défense et la sécurité, de préférence dans les services, afin de réduire le poids d’Airbus dans les comptes du groupe; une marge d’exploitation idéalement plus proche de 10% que de 5%; et enfin un minimum de recoupement de chiffre d’affaires.

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