EADS doit se remettre en ordre de marche avec une gouvernance plus claire
Une question d’heures. Négocié âprement depuis plusieurs semaines, et défini dans ses grandes lignes la semaine dernière, le nouveau pacte d’actionnaires régissant la gouvernance d’EADS devrait être officialisé dans la journée. Aujourd’hui absente du capital, sinon indirectement via les 15% de Daimler et les 7,5% du holding Dedalus, l’Allemagne entrera de plein droit au tour de table du groupe d’aéronautique, avec 12% des intérêts.
Pour y parvenir, selon Reuters, Berlin rachèterait la part de 7,5% du consortium Dedalus composé de sept établissements financiers allemands dont la banque publique KfW. Il compléterait sa ligne en reprenant 4,5% auprès de Daimler. Afin qu’il descende à 7,5%, au même niveau que celui de Lagardère, l’autre grand actionnaire privé d’EADS, le constructeur automobile vendrait un bloc de 3% sur le marché. Ce souci de parité vaut également pour les Etats. La France, à la tête de 15% du capital, va neutraliser 3% de ses droits de vote dans une structure juridique aux Pays-Bas où se trouve le siège d’EADS.
Les titres en question pourraient être cédés ultérieurement, en fonction de l’avancée des programmes industriels du groupe, notamment le lancement de l’Airbus A350. En ajoutant la part de l’Espagne, légèrement supérieure à 4%, les trois Etats fondateurs d’EADS détiendraient un peu moins de 30% du capital du groupe, seuil en dessous duquel ils ne seront pas tenus de lancer une OPA.
Selon plusieurs sources, la France et l’Allemagne auraient chacune deux sièges au conseil d’administration, l’Espagne en compterait un. Des conditions de nationalité européenne pour une majorité d’administrateurs devraient être inscrites dans les statuts de la société. Le président du conseil et le président exécutif devront également être européens.
Ces dispositions avaient déjà été envisagées lors des discussions de rapprochement avec BAE afin d’ériger une protection contre une éventuelle OPA d’un groupe étranger.
Ce nouveau pacte doit permettre à EADS de retrouver plus de stabilité dans son organisation alors que les négociations puis l’échec du projet avec BAE ont bousculé son équilibre. Hier, devant les investisseurs, EADS a annoncé qu’il vise une marge opérationnelle de 10% d’ici 2015 hors coûts de développement de son futur long-courrier A350, contre 4,3% actuellement.
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