EADS affiche sa confiance dans le financement de l’industrie aéronautique

La plupart des banques françaises ont assuré l’avionneur qu’elles resteraient actives sur ce secteur. L’action chute de près de 8 % à Paris
Bruno de Roulhac
Un A380 à l'assemblage. Photo Jason Alden/Bloomberg
Un A380 à l'assemblage. Photo Jason Alden/Bloomberg  - 

Emportée par la tourmente financière, l’action EADS chutait hier de 7,91% à 20,89 euros, l’une des plus fortes baisses du CAC 40. Alors qu’Airbus prévoit une demande de plus de 27.800 appareils dans le monde sur les vingt prochaines années, et a enregistré 1.015 commandes nettes d’avions de janvier à août 2011, le marché s’inquiète des financements de la filière aéronautique. En début de semaine, John Leahy, directeur commercial d’Airbus, avait prévenu que la crise de la dette européenne pourrait affecter la capacité des compagnies aériennes à obtenir des financements bancaires.

Inquiétudes accentuées mardi lors du congrès de l’Istat (International Society of Transport Aircraft Trading) sur le financement d’avions. La Société Générale et BNP Paribas auraient déjà arrêté de financer des achats d’appareils en dollars, écrivaient hier Les Echos. Toutefois, dans une note aux investisseurs, EADS a précisé que BNP n’a pas spécifié qu’il abandonnera le financement de l’industrie aéronautique et que Calyon et Natixis restent toujours engagés. «Quasiment toutes les banques françaises nous ont fait savoir qu’elles n’avaient pas l’intention de quitter ce secteur, assurait hier Hans-Peter Ring, directeur financier d’EADS. Je suis confiant dans le fait que nos avions seront financés dans les prochaines années. Les financements à court terme sont totalement assurés».

Au regard de ces propos, la réaction du marché semble excessive. Il est vrai que l’action affiche toujours la meilleure performance du CAC 40 depuis le début de l’année, en hausse de près de 20%, contre -27% pour l’indice phare. «A ce stade très précoce, on est un peu trop alarmiste et il faut relativiser un peu. EADS est plus fort maintenant qu’il y a quatre ans», commente Kepler.

De plus, «les banques françaises contribuent entre 15 et 20% maximum au financement des avions et parmi ces prêts, une part importante sont sécurisés par le crédit-export, un domaine où les banques américaines pourraient facilement intervenir», explique à Bloomberg, Bertrand Grabowski, directeur chez DVB Bank. «Nous avons vu beaucoup de nouvelles banques entrer ou revenir sur le marché aéronautique [notamment asiatiques]. C’est un signal très positif. Elles agissent ainsi parce que ce sont des financements sécurisés, qui constituent donc une activité attrayante pour les prêteurs», constate Hans-Peter Ring.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...