E.On et Gazprom dénouent leurs liens capitalistiques
Premier investisseur occidental à s’être invité au capital de Gazprom, E.On a décidé de prendre le large. Après avoir acquis en 1998 un ticket d’entrée à hauteur de 2,5% du capital, la filiale gazière E.On Ruhrgas hissait au fil des ans sa participation à 6,4%. L’an dernier, il l’a réduite de 2,9% au profit d’une filiale de Gazprom en échange d’un intérêt de 25% (moins trois voix) dans le champ gazier de Yuzhno-Russkoye.
De cette participation minoritaire résiduelle de 3,5%, qualifiée de «non stratégique» le mois dernier par la direction du groupe allemand, E.On Ruhrgas vient d’en libérer 2,7% à la banque publique Vnesheconombank (VEB). Le solde de 0,8% a déjà été placé sur le marché. «Tout le monde s’inquiétait de la possibilité que les titres soient vendus sur le marché libre», a expliqué Alex Fak, analyste chez Troika Dialog, cité par Bloomberg. «Le fait que ces 2,7% soient cédés à VEB est positif pour l’action Gazprom». Le titre du groupe russe se négociait hier en séance à Moscou en hausse de 4,8%, à 182,5 roubles.
De ces transactions, chiffrées au total à 3,4 milliards d’euros, E.On retiendra une plus-value d’environ 2,5 milliards d’euros. Selon Johannes Teyssen, le directeur général d’E.On, il s’agit d’une «étape importante» devant contribuer à dégager 15 milliards d’euros d’ici la fin 2013 via des désinvestissements et une optimisation du portefeuille. Une manne qui sera affectée à la réduction d’une dette d’environ 47 milliards d’euros (à fin juin) et à la réalisation de nouveaux investissements stratégiques.
Malgré ce dénouement capitalistique, E.On Ruhrgas et Gazprom entendent développer leur partenariat industriel. «A l’avenir, nous continuerons à approvisionner de manière conséquente en gaz russe les marchés européen et allemand et à travailler en étroite collaboration sur un certain nombre de projets communs dans des domaines tels que les technologies innovantes dans le gaz et les véhicules au gaz naturel», a souligné le directeur général d’E.On Ruhrgas, Klaus Schäfer. Les deux groupes participent déjà à une œuvre commune de taille: le projet de gazoduc Nord Stream qui reliera à compter de fin 2011 la Russie à l’Europe par la mer Baltique.
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