Doublé par PSA sur FCA, Renault doit faire de l’Alliance son moteur
Renault s’est fait griller la priorité par PSA. La confirmation hier des discussions de rapprochement entre Peugeot et Fiat Chrysler Automobiles (FCA) laisse sur la touche le groupe au losange, qui avait tenté, en vain, de s’unir à FCA avant l’été. Hier, le cours de l’action Renault a fini en baisse de 4,02% à 47,41 euros. Contactée par l’agence Agefi-Dow Jones, une porte-parole du constructeur ne fait «aucun commentaire» au sujet des discussions en cours entre PSA et FCA.
Depuis des semaines, les dirigeants de Renault, que ce soit son président, Jean-Dominique Senard, ou sa directrice générale intérimaire, Clotilde Delbos, répètent à l’envi que les discussions avec FCA sont closes, alors que le marché spéculait début août sur une reprise des contacts entre les deux parties. Le 17 octobre, Clotilde Delbos avait affirmé à des analystes que, fondamentalement, la perspective d’une telle opération restait «toujours aussi attrayante»... Le doute était donc permis concernant l'éventualité d’un tel rapprochement.
La chance est passée sur le dossier FCA
Désormais, il semble évident que Renault a laissé passer sa chance. La probabilité de voir le fabricant de la Clio revenir à la charge est très faible. Royal Bank of Canada considère que Renault n’a pas les reins assez solides actuellement pour présenter une offre concurrente à celle de PSA sur FCA. L’intermédiaire rappelle que voilà deux semaines, Renault a lancé un avertissement sur ses résultats 2019, que le constructeur doit s’atteler à la refonte de sa gouvernance tandis que son partenaire Nissan fait face à de profondes difficultés financières.
Le rapprochement qui se profile entre PSA et FCA ne laisse à Renault que peu d’alternatives stratégiques pour traverser sans encombre la décennie à venir dans un secteur automobile en pleine mutation, estime pour sa part Commerzbank. «La priorité de Renault, c’est l’alliance qu’il constitue avec Nissan et Mitsubishi», assure une source proche du groupe. L’industriel devra impérativement la consolider, tant d’un point de vue industriel que commercial.
Ironie du sort, à l’heure où PSA et FCA négocient pour lier leur avenir, Renault et ses partenaires sont réunis en conseil d’administration à Yokohama, au Japon. L’ordre du jour risque d'être sérieusement chamboulé.
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