Disney rejette les critiques formulées sur sa gouvernance

Le cabinet de conseil aux investisseurs ISS fustige une transparence insuffisante sur le rôle et la rémunération du directeur général Robert Iger
Yves-Marc Le Reour

Le ton monte entre la société Walt Disney et ISS (Institutional Shareholder Services), cabinet de conseil aux investisseurs en matière de gouvernance d’entreprise. Le groupe américain de loisirs a indiqué hier soir dans un communiqué être «en désaccord fondamental avec certaines recommandations d’ISS, qui sont fondées sur des hypothèses et une méthodologie biaisées». Alors que les 10 membres du conseil d’administration du groupe seront soumis à réélection lors l’assemblée générale du 13 mars prochain, ISS vient d’émettre un avis négatif sur 4 nominations dans son rapport publié la veille.

ISS considère en premier lieu que la décision prise en octobre dernier de réunir les fonctions de directeur général et de président du conseil d’administration, séparées depuis 2004, représente «une volte-face» par rapport aux engagements antérieurs de transparence pris par le groupe. L’actuel président du conseil John Pepper, qui doit démissionner ce mois-ci, doit en effet être remplacé par le directeur général Robert Iger qui cumulera les deux fonctions. Walt Disney nie l’existence d’un tel engagement, en indiquant que le conseil d’administration a jugé «préférable de conforter le leadership de Robert Iger d’ici à sa retraite en 2016 pour réaliser une succession efficace et homogène».

Le cabinet recommande également aux actionnaires de voter contre le projet de rémunération du directeur général en expliquant que cette rémunération, qui figure désormais parmi les plus élevées de l’indice S&P 500, «a fortement augmenté au cours des 5 dernières années en dépit d’un retour sur investissement faible pour l’actionnaire». Il précise que cette rémunération est passée de 17,3 millions à 30 millions de dollars en 6 ans, contre une hausse de l’action de seulement 5% entre septembre 2006 et septembre 2011. ISS mentionne cependant la hausse de 50% du dividende l’an dernier.

Disney conteste ces chiffres et ajoute que la rémunération du directeur général, qui a augmenté de 13% à 33,4 millions de dollars au cours de l’exercice finissant en septembre 2011, est «totalement en ligne» avec celle de ses pairs du secteur des médias et des loisirs comme CBS, News Corp., Time Warner, Viacom ou Comcast. L’action Disney a progressé hier de 1% à 42,4 dollars à New York, ce qui porte sa hausse à 13% depuis début janvier.

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