Disney lance une nouvelle offre de streaming dans le sport
Disney montre les muscles dans le sport. A l’occasion de ses résultats trimestriels, le géant américain du divertissement et des médias a annoncé mercredi qu’il allait lancer cet été une nouvelle offre de streaming pour ses chaînes de sport ESPN, tout en raflant la mise pour la diffusion du catch et du football américain.
C’est l’aboutissement d’un chantier de longue haleine pour l’emblématique directeur général du groupe Bob Iger, qui a fêté ses 74 ans en février dernier et dont le mandat doit normalement s’achever fin 2026.
Disney lancera donc le 21 août prochain une offre de streaming dans le sport directement proposée aux consommateurs sans intermédiaire. Cette plateforme permettra aux abonnés d’accéder à l’ensemble des chaînes et des services du groupe ESPN. Une étape clé pour cette division de l’empire Disney, dont les chaînes sont diffusées notamment via le câble, le satellite ou dans certains pays via Disney+.
ESPN avait déjà lancé un service de streaming, baptisé ESPN+, en 2018 mais uniquement sur le territoire américain et certains contenus ou sports n'étaient pas disponibles. ESPN+ affiche 24,1 millions d’abonnés au dernier trimestre, un chiffre stable par rapport au trimestre précédent mais qui a tendance à régresser depuis fin 2023. Le revenu moyen mensuel par abonné payant d’ESPN+ est quant à lui passé de 6,58 dollars à 6,40 dollars, en raison de rentrées publicitaires en berne.
Une offre plus complète mais plus chère
Avec la nouvelle offre annoncée ce mercredi, les amateurs de sport pourront s’abonner via une application ESPN améliorée disponible sur les mobiles et les télévisions connectées. En plus des programmes en direct et des replays, le groupe indique que la plateforme intégrera des statistiques, des paris en ligne, des ligues fantasy ou encore du e-commerce. Il faudra encore patienter pour avoir plus de détails.
Le prix ? 29,99 dollars par mois pour l’abonnement premium. Il y aura également une offre plus accessible avec moins de contenus pour 11,99 dollars par mois. Pour ceux qui choisissent l’abonnement premium, ils auront la possibilité d’avoir en package Disney+ et Hulu gratuitement au cours des douze premiers mois d’abonnement. L’offre sera donc plus complète mais plus chère qu’ESPN+.
En plus du basketball américain (NBA), du hockey (NHL), de l’UFC, du baseball (MLB) ou encore du tennis et du golf, ESPN compte bien s’appuyer sur le football américain et le catch pour attirer les afficionados de sport.
A lire aussi : Les petits pas de Disney dans le chantier de la succession de Bob Iger
Nouveaux accords avec le catch et le football américain
ESPN avait justement annoncé mardi un accord pour que ESPN acquiert la chaîne de télévision NFL Network et d’autres médias de la ligue de football américain (NFL). En contrepartie, la NFL entre au capital d’ESPN à hauteur de 10%. ESPN a profité de l’opération pour récupérer de nouveaux droits afin de diffuser plus largement ce sport à compter de la saison 2025.
Mais ce n’est pas tout. La filiale de Disney a également annoncé ce mercredi un accord avec la WWE, la principale organisation de catch aux Etats-Unis. ESPN a acquis de nouveaux droits de diffusion du catch américain pour cinq ans contre 1,6 milliard de dollars selon le Wall Street Journal. Cela inclut notamment l’exclusivité pour certains événements. L’an dernier, Netflix avait également noué un partenariat avec la WWE pour récupérer les droits de diffusion de certains programmes de catch aux Etats-Unis et dans le monde pour une période de dix ans. La concurrence entre les deux géants se poursuit.
En attendant le lancement de sa nouvelle offre de streaming pour ESPN, Disney affiche de solides résultats pour l’ensemble de ses activités dans le sport. Certes, ses revenus dans cette branche reculent de 5% sur un an au troisième trimestre (clos fin juin) de son exercice décalé, à 4,31 milliards de dollars.
Cette baisse s’explique par la constitution en novembre dernier d’une joint-venture avec le géant indien Reliance Industries pour ses activités de télévision et de streaming en Inde (Star India), qui inclut notamment la diffusion du cricket. Disney ne détient que 37% du nouvel ensemble, contre 56% pour Reliance. L’entité a donc été déconsolidée dans les comptes. Hors Star India, les revenus d’ESPN dans le monde sont en progression de 1% sur un an.
L’opération autour de Star India a renforcé la rentabilité de la branche sport de Disney. Le résultat opérationnel de cette division a progressé de 29% sur un an pour atteindre 1,04 milliard de dollars au dernier trimestre.
A lire aussi : Malgré des prévisions revues à la hausse, Netflix est boudé par les investisseurs
Disney ne divulguera plus son nombre d’abonnés
Plus globalement, le groupe Disney signe un solide trimestre dans son ensemble. Le chiffre d’affaires a progressé de 2% sur un an au dernier trimestre, à 23,7 milliards de dollars. Hors éléments exceptionnels, le résultat net ajusté par action augmente de 16% à 1,61 dollar, un chiffre supérieur aux attentes.
Le marché a cependant accueilli fraîchement ces données, l’action Disney reculant de 32,8% en clôture à Wall Street.
Le groupe indique par ailleurs avoir gagné 1,8 million d’abonnés pour son service de streaming Disney+, qui comprend désormais 128 millions de comptes. Le géant du divertissement en a profité pour revoir à la hausse ses prévisions du résultat opérationnel de son segment «entertainment», qui comprend notamment le streaming et les chaînes de télévision traditionnelles. Il devrait atteindre 1,3 milliard de dollars sur l’ensemble de l’exercice, contre une prévision antérieure à 1 milliard de dollars.
Au passage, dans une lettre adressée aux actionnaires, Bob Iger annonce que Disney ne divulguera plus de chiffres trimestriels sur le nombre d’abonnés à ses offres de streaming ou sur ses revenus par abonné. Ce changement sera effectif à compter du premier trimestre de l’exercice 2026, qui débute en octobre prochain, pour Disney+ et Hulu. Il sera effectif pour ESPN+ dès le trimestre en cours.
Une décision qui rappelle celle de Netflix, qui a arrêté de dévoiler ces mêmes chiffres depuis janvier dernier. Fin 2024, le concurrent de Disney affichait plus de 300 millions d’abonnés au compteur.
Si la guerre s’intensifie entre les géants du streaming, notamment pour les événements sportifs, elle se fera donc plus «discrète».
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