Deux avertissements en un mois balaient la direction de l’allemand Bilfinger
Roland Koch n’a pas résisté à la tempête. Le président du directoire de Bilfinger a démissionné de ses fonctions, d’un commun accord avec le conseil de surveillance du groupe allemand de services aux industriels. Herbert Bodner, membre du conseil de surveillance, assurera l’interim le temps de trouver un successeur.
La position de Roland Koch n’était plus tenable après le lancement lundi soir d’un nouvel avertissement sur résultats, le second en un peu plus d’un mois, principalement en raison des difficultés de l’activité de services à l’énergie, dont le dirigeant a également démissioné. Depuis le 30 juin, le cours de l’action Bilfinger a plongé de plus de 30%.
Arrivé à la tête de Bilfinger en 2011 après avoir notamment dirigé le Land du Hesse, et alors qu’il fut un temps pressenti pour entrer au gouvernement d’Angela Merkel, Roland Koch était à l’origine du changement de stratégie du groupe de la construction vers les services. Sous sa direction, Bilfinger a acquis une vingtaine de sociétés pour appuyer ce virage stratégique et accentuer la présence à l’international du groupe allemand. «J’espère que mon départ permettra un retour à la normale», a déclaré Roland Koch dans un communiqué, reconnaissant sa responsabilité dans les deux avertissements sur résultats et dans la perte de confiance du marché. Le redressement s’annonce long.
«Ce second avertissement et le changement de direction soulèvent des questions sur la visibilité de la société sur son activité de services à l’énergie. Le précédent plan de redressement à l’horizon 2016 paraît compromis», craignent les analystes de BofA Merrill Lynch, qui n’excluent pas que le groupe arbitre dans son portefeuille d’actifs prochainement. Bilfinger misait notamment sur la croissance de son activité dans l’énergie en Afrique du Sud pour compenser le déclin du marché allemand. Mais la dérive opérationnelle d’un important projet de centrale sud-africaine va entraîner d’importantes pertes.
Fin juin, lors de son premier avertissement, Bilfinger avait annoncé un plan d’économies de 90 millions d’euros par an, passant notamment par la suppression de 1.250 postes. La direction intérimaire du groupe devrait faire le point sur ce plan lundi 11 août lors de la publication des résultats semestriels.
Plus d'articles du même thème
-
La victoire de Lula fait vaciller les marchés brésiliens
Le président brésilien sortant a battu Flavio Bolsonaro à la surprise générale avec 51,8% des suffrages. Les investisseurs avaient parié sur la victoire du fils de l’ancien président, plus pro-marché. Le real chute de 9% face au dollar et la Bourse de 14%. -
Les entreprises payent plus cher leurs émissions obligataires
Les transactions ont repris la semaine passée sur le marché primaire euro. La demande est là mais exige d'être rémunérée pour un niveau de risque jugé plus élevé. -
Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Le géant américain de la technologie veut continuer à réduire ses effectifs. Il propose un plan de départ volontaire à plus d'un quart de ses salariés. Seuls les Etats-Unis, le Canada, l'Inde et le Royaume-Uni sont concernés.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose