Deutsche Telekom veut faire contre mauvaise fortune bon cœur aux Etats-Unis
Les déboires de Deutsche Telekom (DT) aux Etats-Unis et en Grèce expliquent l’essentiel de la perte nette de 1,34 milliard d’euros enregistrée au dernier trimestre 2011, alors qu’un bénéfice d’un milliard était attendu par les analystes. L’opérateur allemand a passé 2,3 milliards de dépréciations de survaleurs sur sa filiale T-Mobile USA et 1 milliard de dépréciations de survaleurs sur sa filiale grecque OTE contrôlée à 40%. Malgré la récession forte qui prévaut dans ce pays, la perte nette trimestrielle inattendue de 77 millions enregistrée par OTE provient de 253 millions de dépréciations d’actifs passées sur sa filiale roumaine de téléphonie fixe RomTelecom. En Allemagne, la baisse des terminaisons d’appels a entraîné une chute de 4,4% du chiffre d’affaires domestique de DT.
Si l’opérateur propose de distribuer au titre de 2011 un dividende stable à 0,7 euro par action, l’exercice en cours devrait rester morose avec un excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté en repli de 3,7% à 18 milliards, inférieur de 500 millions aux attentes des analystes. La poursuite d’un repli de l’activité en Grèce et le recul d’environ 10% de l’Ebitda de T-Mobile USA attendu cette année seront à l’origine de cette nouvelle contre-performance. Le cash-flow libre devrait s’élever à 6 milliards après 6,4 milliards en 2011.
Quatrième opérateur mobile américain derrière AT&T, Verizon et Sprint, T-Mobile USA, qui génère un quart du chiffre d’affaires consolidé de DT, est un foyer récurrent de pertes pour sa maison mère. Après sa cession avortée à AT&T en décembre 2011, les analystes ont évoqué la possibilité d’un rapprochement avec Sprint. «Nous avons besoin d’une solution structurelle pour les Etats-Unis afin de compenser nos absences d’économies d'échelle, par exemple via des partenariats avec d’autres sociétés», déclare à ce propos le directeur général de DT Rene Obermann.
En attendant, pour freiner l’hémorragie de clientèle de sa filiale qui a perdu plus de 800.000 abonnés entre octobre et décembre, l’opérateur a annoncé 1,4 milliard de dollars (1,05 milliard d’euros) d’investissements supplémentaires aux Etats-Unis d’ici à 2013, afin de pouvoir ouvrir son réseau de 4e génération. Ces investissements «totaliseront 4 milliards d’euros sur la période et ils seront financés sur les cash-flows de la filiale», précise Rene Obermann. L’action DT a chuté de 3% à 8,7 euros hier à Francfort.
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