Deutsche Telekom se renforce à bas coût dans l’opérateur grec de télécommunications OTE

Tirant parti du besoin urgent de liquidités d’Athènes, le groupe allemand hisse sa participation à 40% du capital pour 400 millions d’euros
Antoine Duroyon

L’Etat grec a mené hier une opération à prix cassé sur le capital d’Hellenic Telecommunications Organization (OTE), l’opérateur national de télécommunications. Dans le cadre d’un effort de privatisation sans précédent (50 milliards d’euros d’ici 2015), il a exercé une option de vente (put) portant sur 10% du capital au profit de Deutsche Telekom. Le groupe allemand, qui bénéficiait d’un droit d’acquisition sur 20% du capital, doit verser environ 400 millions d’euros pour ces 49 millions d’actions. Selon un accord remontant à 2008, le prix de cession se base sur le cours moyen de l’action OTE au cours des vingt dernières séances sur l’Athens Stock Exchange, avec une majoration de 15%.

«Deutsche Telekom se renforce un peu plus dans OTE, un actif auquel il tient, à un prix presque de défaut, étant donné que le niveau de prix actuel est inférieur de 75% à ce que le groupe allemand a versé à l’origine, et que le gouvernement grec est un vendeur contraint», soulignent les analystes de Société Générale. Depuis 2008, Deutsche Telekom avait déboursé pas moins de 3,8 milliards d’euros afin de bâtir sa participation de 30% et se renforcer dans les Balkans.

«Vu le manque de perspectives de croissance à court terme pour OTE, un accroissement de l’exposition à l’opérateur télécoms grec est une proposition difficile à vendre aux actionnaires de Deutsche Telekom», estimait récemment CreditSights. Au dernier trimestre 2010, OTE a ainsi montré un recul à deux chiffres de l’Ebitda pour trois de ses quatre principales lignes de métier. Menacé par la très forte volatilité de son environnement, la société présente néanmoins un profil de crédit plutôt solide, grâce notamment à des efforts de réduction de coûts, tempère CreditSights.

Grâce à cette opération, Deutsche Telekom porte sa participation à 40% plus une action, tandis que l’Etat grec conserve 10% du capital plus une action. Sur ces 10%, un bloc de 4% est toutefois détenu par une caisse de retraite publique. Athènes a déjà fait part de son intention de se délester des 6% détenus directement. Les 50% restants sont détenus en grande majorité par des investisseurs institutionnels. Avant l’annonce de cette transaction, CreditSights voyait Deutsche Telekom accroître sa participation dans OTE à 50% plus une action au cours de 2011.

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