Deutsche Telekom renonce à son rêve américain pour 39 milliards de dollars

L’opérateur allemand cède T-Mobile USA à AT&T dans le cadre d’une offre amicale mixte, prenant jusqu’à 8% du capital du groupe américain
Benoît Menou

AT&T a consenti le prix fort pour décider Deutsche Telekom à signer une gigantesque transaction outre-Atlantique. L’opérateur allemand a en effet annoncé hier soir mettre un terme à son aventure dans le mobile aux Etats-Unis, de par la cession à AT&T de T-Mobile USA. Pour la bagatelle de 39 milliards de dollars, soit quelque 1.147 dollars par abonné. A ce prix, la valorisation de Sprint Nextel (numéro trois du secteur et autre prédateur pressenti pour T-Mobile USA) ressort à 57 milliards de dollars, quatre fois sa capitalisation boursière, comme le souligne Reuters.

Au passage, l’opération dévoilée hier bouleverse le classement des opérateurs américains, AT&T et T-Mobile USA, aujourd’hui deuxième et quatrième, pouvant détrôner Verizon Wireless, coentreprise entre Verizon Communications et Vodafone. Si toutefois l’autorité américaine de la concurrence ne trouve pas à y redire en imposant certaines conditions au rachat.

Les deux groupes s’attendent à finaliser cette opération en numéraire et en actions dans un délai de douze mois, AT&T en espérant un effet relutif sur le bénéfice par action trois ans après.

Deutsche Telekom gardera un pied aux Etats-Unis grâce à une prise de participation pouvant aller jusqu’à 8% du capital d’AT&T et à un siège à son conseil d’administration. Ce qui ramène la part à verser en numéraire à 25 milliards de dollars au minimum (jusqu’à 29 milliards, dans la limite basse d’une part de 5% du groupe allemand au capital). De l’autre côté, Deutsche Telekom a indiqué qu’il entendait réduire son endettement de 13 milliards d’euros. Par ailleurs, l’opérateur allemand a précisé qu’il consacrera 5 milliards d’euros du fruit de l’opération à des rachats de titres.

Las, la vente de T-Mobile USA apparaît bel et bien comme un cinglant échec de Deutsche Telekom outre-Atlantique, après une décennie de difficultés et une incapacité à bâtir un réseau robuste. Le groupe allemand voulait jusqu’ici publiquement croire au renouveau de cette activité, qui génère environ un quart de son chiffre d’affaires tout de même. En dehors des Etats-Unis, 80% des ventes du groupe sont réalisées en Europe. La manne issue de la vente de T-Mobile USA constituerait un précieux trésor de guerre pour la croissance externe dans le Monde. «Mais où? Il n’y a plus de cible bon marché» se désolait cette nuit Mark Newman, responsable de la recherche d’Informa Telecoms & Media.

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