Des signes d’inflation commencent à apparaître sur les primes d’OPA
Aussi importante soit-elle, la prime de 60% payée par LVMH pour prendre le contrôle de Bulgari n’est pas extraordinaire. Selon la base de données de Bloomberg, au cours des dix dernières années, environ 10% des opérations de fusion-acquisition impliquant une entreprise du CAC 40, à l’achat ou à la vente, ont été réalisées avec une prime supérieure à 50% (voir tableau). Sur dix ans, la prime moyenne constatée sur le CAC 40 ressort à 21,7%. A en croire ces données, les grandes entreprises françaises sont moins généreuses, ou plus économes, que leurs homologues américaines. Aux Etats-Unis, sur le S&P 500, la prime moyenne de ces dix dernières années s’élève en effet à 29,2%.
Néanmoins, les grands groupes semblent confrontés au même phénomène d’inflation à court terme. L’activité ayant repris dans les fusions-acquisitions, la concurrence entre acheteurs a tendance à faire monter les prix. Sur le CAC 40, la prime moyenne constatée au cours des douze derniers mois monte à 36,7%. Sur le S&P 500, elle dépasse les 40%.
Et cette inflation ne touche pas que le niveau des primes. Les multiples de valorisation ont nettement progressé au cours des douze derniers mois. Les entreprises du CAC 40 ont payé leur cible 16 fois le résultat d’exploitation contre un multiple médian de 13,95 fois sur la décennie. Sur le S&P 500, la valorisation médiane est passée de 16 fois à 19 fois le résultat d’exploitation. Une inflation qui risque encore de déraper vu le montant de trésorerie accumulé par les entreprises au cours des derniers mois. Selon Thomson Reuters, les entreprises européennes (hors banques) disposent d’un montant record de plus de 1.200 milliards de dollars de cash.
{"title":"","image":"76823»,"legend":"fusion-acquisitions : primes pay\u00e9es»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
L’Europe a rattrapé son retard de croissance sur Wall Street
Alors que l’attention des investisseurs se focalisait sur le résultat des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, les entreprises européennes affichent, pour l’heure, une croissance bénéficiaire proche de 30% sur un an au troisième trimestre, équivalente à celle de leurs homologues américaines. Cela n’était pas arrivé depuis trois ans mais doit encore se concrétiser dans les cours. -
Les gestionnaires d'actifs affrontent le défi de la réversibilité technologique
Face à leur dépendance croissante aux prestataires externes, les sociétés de gestion cherchent à préserver leur autonomie de gouvernance. Lors de l'AM Tech Day organisé par L'Agefi, elles ont montré que maîtrise des compétences, réversibilité et anticipation des risques sont devenues des enjeux de résilience opérationnelle. -
Tokyo compte bien séduire les investisseurs avec ses obligations résilience
Après le succès de sa première émission réalisée en 2025, le gouvernement de Tokyo souhaite développer le concept et créer un marché de la résilience afin de financer d’importantes infrastructures capables de protéger la population et l’économie du pays.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Le départ de Christine Lagarde dès février 2027 précipite sa succession à la BCE
Contenu de nos partenaires
-
Tsunami bleuMidterms : les démocrates remportent le Congrès, un revers majeur pour Donald Trump
Les démocrates vont prendre le contrôle du Congrès au terme d'une série de victoires écrasantes à travers le pays, évincant les alliés de Donald Trump dans des territoires historiquement acquis aux républicains. Suivez les résultats -
Tic tacPrimaire: Gérard Larcher lance le compte à rebours
Si aucun candidat de la droite et du centre ne s'impose d'ici fin décembre, « il faudra un sursaut en début d'année », prévient le président du Sénat -
Visé par de nouvelles hausses de taxes, le secteur aérien en pleine zone de turbulences
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de multiples dispositions qui relèvent la fiscalité sur différents acteurs du secteur aérien, et qui pourraient répercuter ces taxes sur les prix des billets d’avion