Des forces diverses guident la saison des comptes 2017
La saison de publication des résultats du quatrième trimestre 2017 s’ouvre dans un climat particulier : les indices boursiers américains ont touché des sommets et creusent l’écart avec leurs homologues européens (le PER moyen à 12 mois atteint 19,2 sur le S&P 500, contre 14,4 sur l’EuroStoxx 600), le prix du pétrole s’est redressé, tandis que la réforme fiscale américaine vient brouiller les cartes. Le tout dans un contexte général de croissance soutenue à travers le globe.
La réduction d’impôt sur les sociétés de 35% à 20% est censée être favorable aux entreprises américaines. Le consensus Thomson Reuters prévoit désormais une hausse de 12% des bénéfices des sociétés membres de l’indice boursier américain S&P 500 au quatrième trimestre, contre 10,6% début octobre.
Il n’empêche que les conséquences de la réforme Trump sur les comptes devraient être mitigées pour les sociétés outre-Atlantique à court terme. Plusieurs grandes banques américaines ont ainsi annoncé des provisions exceptionnelles liées à des dépréciations d’actifs d’impôts différés, de montants compris entre 1,25 milliard (pour Morgan Stanley) et 20 milliards de dollars (pour Citigroup). Plus globalement, «les entreprises seront aussi affectées par l’impact de la disparition de plusieurs niches fiscales et par l’impact du taux d’imposition forfaitaire des liquidités amassées à l’étranger», écrit Aurel BGC dans une note parue lundi.
Les entreprises américaines les plus exportatrices devraient pour leur part avoir fortement bénéficié de la baisse du dollar. Les sociétés de la technologie sont au premier plan. Le consensus recueilli par S&P Capital IQ fait ressortir une croissance moyenne du bénéfice net par action (BPA) de 14,9% pour les entreprises du secteur membres du S&P 500, contre une croissance moyenne de 10,2% pour l’ensemble de l’indice.
Les entreprises d'énergie favorisées par le rebond du pétrole
Ceci dit, des tendances joueront également au-delà des géographies. Les résultats des entreprises d’énergie seront fortement soutenus par la remontée du cours du pétrole, dont le WTI a gagné 44% sur le Nymex à New York et le Brent plus de 50% au cours des six derniers mois de l’année.
Ainsi, les analystes anticipent en moyenne une hausse de 42,4% du résultat net des entreprises du secteur membres de l’indice européen Stoxx 600 au quatrième trimestre, indique selon Thomson Reuters. Soit la croissance la plus forte de l’ensemble des secteurs en Europe. Tous secteurs confondus, Thomson Reuters anticipe une hausse de 15,8% des bénéfices des sociétés du Stoxx 600. Aux Etats-Unis, le consensus S&P Capital IQ anticipe une progression de… 121,8% du BPA pour le secteur de l’énergie dans le S&P 500.
L’augmentation du prix du pétrole devrait également avoir soutenu les industries issues des dérivés du pétrole, comme la pétrochimie et les revêtements, «leurs entreprises étant capables de répercuter la hausse à leurs clients», souligne Christian Parisot, responsable de la recherche mondiale chez Aurel BGC. En revanche, d’autres secteurs industriels pourraient avoir souffert de la hausse des coûts de production. «Les indices des prix payés ISM ou Markit augmentent sensiblement pour les industriels, alors que les prix à la consommation ne flambent pas», note Christian Parisot.
Les marges des secteurs les plus proches des consommateurs sont en première ligne. Dans l’industrie, les constructeurs automobiles ont consenti d’importants rabais au dernier trimestre 2017, notamment pour réduire leurs stocks. La distribution traditionnelle subit de son côté à la fois la concurrence d’internet et la hausse des coûts de transport.
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