Dentsu accède à une dimension mondiale avec Aegis
Dentsu casse sa tirelire pour entrer de plain-pied dans l’ère numérique. L’offre à 3,16 milliards de livres (4 milliards d’euros) du groupe de publicité japonais sur le britannique Aegis fait ressortir une prime de 45% sur le cours de la cible de ces trois derniers mois. A 240 pence par titre, elle valorise Aegis à environ 19 fois ses bénéfices 2012.
«L’opération se fait sur des multiples plus élevés que d’habitude, plus proches de ceux observés lors du rachat de purs acteurs digitaux (AKQA, Rosetta)», souligne CM CIC Securities. Ce prix s’explique, selon le courtier, «par le positionnement métier spécifique d’Aegis qui est un pure player de l’achat d’espace et du digital», le segment le plus dynamique du marché publicitaire. Epaulé par Greenhill et JPMorgan Cazenove dans cette opération, Aegis réalise un tiers de ses revenus dans la publicité sur internet, et le futur ensemble en tirera 20%.
Dentsu, qui a mis fin en février à son partenariat avec Publicis, accède aussi à une vraie dimension mondiale, à l'égal de son ancien allié français, de WPP ou d’Omnicom. Conseillé par Mitsubishi UFJ et Morgan Stanley, le japonais engrange encore 84% de ses revenus sur son marché domestique. Aegis, deux fois et demi plus petit avec 1,1 milliard de livres de chiffre d’affaires, dépend à 47% de l’Europe de l’Ouest et à 19% de l’Amérique du Nord. Le nouveau groupe sera numéro un en Asie et numéro deux mondial en Europe. Jerry Buhlmann, le directeur général de l’agence britannique, a précisé que les contrats de ses clients ne prévoyaient pas de clause de changement de contrôle.
Le groupe japonais offre au passage une belle porte de sortie à Vincent Bolloré. Celui-ci solde à bon compte un dossier dans lequel il était entré en 2005 pour le rapprocher, en vain, d’Havas. Le financier breton empochera au total 915 millions d’euros, pour une plus-value de 450 millions, en cédant, en trois temps, ses 26,4% d’Aegis: 14,99% immédiatement, 5% dans les deux mois, et le solde lors du lancement de l’offre du groupe japonais, au quatrième trimestre.
Les 915 millions de cash engrangés équivalent à environ 5% du capital de Vivendi et pourraient financer en partie la montée en puissance de Vincent Bolloré au sein du groupe français. Le titre Vivendi a d’ailleurs pris 2,42% hier à 15,235 euros, alors que le CAC 40 baissait.
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