Deminor demande des précisions à LVMH sur sa montée au capital d’Hermès
Deminor monte au créneau sur le dossier LVMH-Hermès. Dans une lettre adressée hier, 8 décembre, à Bernard Arnault, le cabinet de conseil aux actionnaires s’interroge sur les «incohérences manifestes» entre les récents propos du PDG de LVMH et de son vice-président, Pierre Godé, au sujet de l’entrée du groupe de luxe au capital d’Hermès. Deminor s’interroge aussi sur le mécanisme de prise de participation au capital d’Hermès, puisque les registres d’actionnaires du sellier, à l’époque non coté, ne comportent aucune mention de la présence de LVMH. Fabrice Rémon, responsable de Deminor France, et qui apporte conseil à certains membres de la famille Hermès, demande ainsi à Bernard Arnault d’indiquer si LVMH avait, à l’époque, utilisé le mécanisme du portage. «Nous ne doutons pas un seul instant du fait que vous vous souciez, comme nous, du caractère précis, complet et exact que doivent avoir toutes les informations transmises au marché», souligne la lettre.
Par ailleurs, Deminor souhaite «connaître le processus décisionnel qui a conduit LVMH à investir 1,45 milliard d’euros» dans Hermès et se demande à quelle date le conseil d’administration de LVMH s’est réuni et s’il a autorisé cette décision. Pour Deminor, les actionnaires qui ont cédé leurs titres LVMH entre le 1er septembre et le 25 octobre 2010 «ne l’auraient probablement pas fait» s’ils avaient su que LVMH disposait d’une plus-value potentielle de près de 2 milliards d’euros correspondant au dénouement en actions de ses equity swaps Hermès.
Ces demandes ont été très mal accueillies! Dans la foulée, LVMH a répondu par une lettre datée du 6 décembre [sic] : «Vous m’avez récemment informé de la mission que vous avez reçue de lancer une campagne à l’encontre de LVMH et de ses dirigeants. Votre lettre ouverte de ce jour ne m'étonne donc nullement», écrit Pierre Godé. «De tels propos sont tout à fait fantaisistes et fallacieux, a immédiatement réagi par courriel Fabrice Rémon. Je ne souhaite pas polémiquer plus avant sur ce point». Auparavant, Pierre Godé avait conclu sa lettre en précisant: «Vous comprendrez que nous n’ayons pas à répondre à vos interrogations sans fondement dont l’objectif n’est que trop évident».
Si l’AMF est en copie de ces différents courriers, Deminor va aussi demander cette semaine à l’Autorité de contrôle prudentielle (ACP) d’étudier le rôle des banques de LVMH dans ce montage.
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