Dell peine à calmer la gronde contre son projet de rachat
Les administrateurs indépendants de Dell en sont convaincus: l’offre de rachat élaborée par Michael Dell et le fonds Silver Lake pour 24,4 milliards de dollars constitue la meilleure façon de valoriser le groupe d’informatique. Selon le communiqué publié hier, après avoir «suivi une procédure rigoureuse, sur une durée de plus de cinq mois, pour évaluer les risques actuels pour Dell, les opportunités et les solutions stratégiques», le comité spécial, présidé par Alex Mandl, a écarté les autres options, endettement de la société, nouvelle politique de dividende ou vente de morceaux d’activités, pour approuver unanimement le rachat. Le comité spécial s’est également accordé sur le prix de 13,65 dollars par action, offrant une prime de 37% sur la moyenne des 90 jours précédant la première rumeur de rachat.
Les actionnaires, autres que Michael Dell, eux, sont loin d’être d’accord. Emmenés par Southeastern Asset Management, plusieurs fonds représentant 14% du capital de Dell ont fait savoir leur opposition à ce projet, tout du moins à ce prix. Ils réclament que le groupe ouvre clairement ses livres comptables à d’autres acquéreurs potentiels sans quoi ils menacent de devenir encore plus «activistes». Ils ont déjà prévu de voter contre le projet de rachat lors de l’assemblée générale censée l’approuver. Michael Dell, qui détient 16% de son groupe, et les autres dirigeants-actionnaires ne pourront pas voter. De son côté, Carl Icahn a acquis 6% du capital, d’après CNBC.
Agacés par le silence pesant de Michael Dell depuis quelques semaines, les opposants estiment que le groupe minimise sciemment les performances de sa division de services informatiques pour insister sur les difficultés des ventes de PC, afin de justifier la faiblesse du prix de l’offre. Un mécontentement partagé par le marché. Depuis la mi-février, le cours de l’action Dell évolue au-dessus du prix de 13,65 dollars.
Pour tenter de calmer cette agitation, le comité spécial des administrateurs indépendants a rappelé hier que plusieurs clauses ont été insérées dans le protocole d’accord entre Dell et les acheteurs pour protéger les actionnaires. D’une part, la clause de rupture a été limitée à 180 millions de dollars. D’autre part, Evercore continue d’étudier des solutions alternatives. La banque d’affaires doit rendre son rapport le 22 mars mais poursuivra ses négociations si elle recevait une proposition supérieure à celle de Michael Dell et de Silver Lake.
Plus d'articles du même thème
-
L'Agefi Actifs - Mai 2026
Tous les mois, Actifs, le magazine de la gestion de patrimoine de L’Agefi, donne la parole à un professionnel du secteur, décortique les sujets d’actualité à travers une grande enquête et des dossiers thématiques et esquisse le portrait d’une personnalité. Sans oublier nos précieux «Cas pratiques». -
Wall Street se prépare à accueillir ses nouvelles stars
SpaceX a déposé mercredi 20 mai son prospectus de cotation auprès du régulateur américain. Celui d'OpenAI est imminent, en attendant le projet d'Anthropic. Ces trois entreprises devront susciter l’intérêt des investisseurs avec des opérations presque simultanées, pour peu que l'engouement ne retombe pas. -
Le régulateur financier demande des moyens à la hauteur des défis qui l’attendent
François Villeroy de Galhau, gouverneur sortant de la Banque de France, a profité du traditionnel rapport annuel de l’Autorité de contrôle pour dresser le bilan d’une décennie de régulation et surtout formuler ses vœux pour l’avenir de la supervision bancaire et assurantielle.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
- Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
- Standard Chartered brise le tabou des effets de l’IA sur l’emploi
- Emmanuel Moulin préserve la continuité à la Banque de France
- Indosuez Wealth écope d'une amende de plus de 13 millions d'euros en Espagne
Contenu de nos partenaires
-
Serrer les dentsAides carburant et économies : jusqu'où Lecornu peut-il tenir ?
Maintenant qu'il a repoussé la sortie de crise au-delà de l'été, au mieux, le Premier ministre s'engage dans une course de fond sans moyen financier, diminué par le faible nombre d'alliés et plombé par le contexte économique -
Ligne de crêteSébastien Lecornu entre volonté de soutenir l'activité et refus du « quoi qu'il en coûte »
En annonçant l'élargissement des aides pour une période de trois mois supplémentaires, Sébastien Lecornu a promis qu'il ne proposerait aucune augmentation d'impôt dans son projet de budget 2027 -
PénuriesLFI et le RN votent ensemble pour priver la France de riz, de chocolat, de fruits et de légumes
Mercredi en séance publique, les députés des deux extrêmes ont voté conjointement un amendement à la loi agricole pour interdire toute importation de produits ayant utilisé un phytosanitaire non homologué en France. Ce qui peut priver notre pays d'une partie de sa nourriture