Dassault Systèmes prend acte d’un environnement incertain à court terme
L’action Dassault Systèmes a lourdement chuté hier à la Bourse de Paris. A la clôture, le titre de l'éditeur de logiciels de conception et fabrication assistée par ordinateur accusait un repli de 10,53% à 86,24 euros. Une sanction liée à la publication d’un avertissement sur les résultats. Alors qu’il anticipait fin juillet une hausse de son chiffre d’affaires annuel d’au moins 7% à 8%, le groupe table désormais sur une croissance d’au moins 4% à 5% (en normes non-IFRS et à taux de change constants).
Son directeur général adjoint, Thibault de Tersant, assure prendre en compte «une poursuite du transfert d’activité vers la location de licences, quelques décalages de transactions et l’affaiblissement de certaines monnaies de pays émergents, pour un montant d’environ 20 millions d’euros». Le bénéfice net par action (BNPA) est pour sa part attendu à 0,97 euro, après intégration des perspectives de hausse du taux d’imposition en France, et la marge opérationnelle devrait atteindre 34%.
En raison de ce «profit warning», Dassault Systèmes a avancé la publication de ses résultats du troisième trimestre, initialement prévue la semaine prochaine. Le chiffre d’affaires (non audité) ressort à 496 millions d’euros, en hausse de 4% à taux de change constants, alors que le groupe visait une fourchette basse de 520 millions d’euros (+8% à +9%). Thibault de Tersant cite deux facteurs déjà évoqués : des délais supplémentaires de finalisation des contrats et la signature de nouvelles transactions sous la forme de locations de licences avec des ETI et PME.
Face à cette situation, les analystes affichent toutefois leur sérénité et soulignent «la prudence» du groupe. «Ce profit warning n’est pas de nature à remettre en question les bons fondamentaux du groupe», estime Natixis, qui pointe «un appétit toujours grandissant pour la location».
Les analystes chargés de la couverture du titre devraient abaisser de 6% leur estimation de BPA. Du côté d’Oddo, on se pose toutefois la question de savoir «si on assiste à un décalage qui a trait à la conjoncture ou si Dassault Systèmes a du mal à convaincre ses clients à entreprendre une migration aussi ambitieuse que Catia V6 (un environnement complet de conception, ndlr) dans un environnement macroéconomique dégradé». Le groupe détaillera ses chiffres du troisième trimestre le 24 octobre.
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