Danone ne semble pas vouloir mener d’acquisition de grande envergure
A l’occasion d’une conférence investisseurs mercredi à Londres, Danone est revenu sur les rumeurs récurrentes d’acquisition que lui prête le marché. Depuis début août, le groupe français et Nestlé sont présentés comme favoris pour la reprise de la nutrition infantile de Wyeth, filiale de Pfizer. Une activité valorisée autour de 10 milliards de dollars (7 milliards d’euros). Toutefois, Danone semble ne pas vouloir réaliser une opération de telle envergure, et préférerait se limiter à des actifs très ciblés. En juillet 2007, l’acquisition du néerlandais Numico pour 12,3 milliards d’euros avait été jugée surpayée par certains analystes.
«Danone n’achètera pas l’intégralité de Mead Johnson ou des activités de Wyeth, mais serait intéressé si certaines parties de ces activités sont proposées à la vente, particulièrement dans les marchés émergents (Amérique latine et Asie)», relève dans une note Bank of America Merrill Lynch. Le groupe agroalimentaire se dit non-intéressé par les activités américaines de Mead Johnson en raison du prix élevé de l’opération et de l’absence de synergies. Contacté par L’Agefi, Danone s’est refusé à confirmer ces propos.
Seule certitude, le groupe veut se renforcer dans les émergents, qui pèsent déjà 50% de son chiffre d’affaires. «En termes d’acquisitions, on reste attentif à tout ce qui se passe dans le monde et à essayer de comprendre en quoi les opportunités qui se présentent peuvent ‘matcher’ nos besoins de développement», déclarait la semaine dernière à Reuters, Pierre-André Térisse, directeur financier de Danone, tout en précisant s’intéresser à la nutrition infantile au Mexique, «un marché prioritaire».
Pour Bank of America Merrill Lynch, «il n’y a pas de scénario de fusion-acquisition justifiant une augmentation de capital aujourd’hui. Si nécessaire, [Danone] pourrait envisager de libérer les actions en auto-contrôle (environ 5% de la capitalisation boursière)». L’évolution de la structure financière du groupe «est très rassurante, notait CM-CIC fin juin. Nous prévoyons un free cash-flow d’au moins 1 milliard d’euros à partir de l’exercice 2012. Dans ce contexte, le ratio de la dette nette/Ebitda retrouvera en 2012 un niveau historiquement bas [1,37 attendu pour 2012]. Cette perspective ouvre la voie à la poursuite d’une stratégie de croissance externe toujours positionnée, à notre sens, dans les pays émergents».
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