Daher et SCBSM illustrent deux stratégies sur le marché du placement privé
Daher, Direct Energie, SCBSM… Avant la trêve estivale, le marché français du placement privé vient de voir se conclure quelques transactions ces derniers jours. Des opérations qui témoignent de stratégies différentes de la part des émetteurs quant à la place qu’ils entendent réserver à ce produit dans leur financement.
«On voit se dessiner deux types d’approches, souligne un banquier. Soit le placement privé a une importance marginale dans le financement, et l’émetteur trouve un intermédiaire qui va placer le papier auprès d’un ou deux investisseurs, notamment des fonds de crédit. Soit l’entreprise fait le constat que pour financer sa croissance future, elle doit élargir sa base de financement au-delà de son pool de banques traditionnelles. Elle va alors chercher au moins une demi-douzaine de nouveaux investisseurs qui vont apprendre à la connaître».
Pour les observateurs, le placement privé obligataire de 30 millions d’euros annoncé par Daher le 9 juillet relève plutôt de la première catégorie. Les montants levés l’ont été auprès du fonds Novo 2 de prêts à l’économie, et sont à relativiser: dans le même temps, l’équipementier pour l’aéronautique et le nucléaire a annoncé la renégociation de 25% à la hausse de son enveloppe de crédits bancaires syndiqués, pour un total de 150 millions d’euros.
SCBSM, qui pointe autour du 20e rang des foncières en France, s’inscrit, elle, dans le second groupe. La société a mis en place au deuxième semestre 2013 pour 102 millions de financements (soit 53% de l’encours total). Cette dette bancaire est très largement gagée par les biens immobiliers du groupe ou des délégations de loyer. Pour refinancer une dette obligataire, des projets d’amélioration de son patrimoine et des acquisitions, la foncière cotée cherchait de nouveaux bailleurs de fonds, à hauteur de 30 à 40 millions d’euros.
Elle a finalement bouclé le 16 juillet un placement obligataire à 5 ans de 23 millions, à 5,25% l’an, qui lui a permis de racheter ses obligations décembre 2016 de coupon 8%. Dirigée par la Cie Financière Jacques Cœur et Invest Securities, la transaction a été placée auprès d’une dizaine d’investisseurs: institutions de prévoyance, assureurs, sociétés de gestion, pour des tickets très variables… L’émission d’une deuxième tranche d’une quinzaine de millions, auprès de certains de ces investisseurs ou de nouveaux comptes, est prévue à la rentrée.
Plus d'articles du même thème
-
La victoire de Lula fait vaciller les marchés brésiliens
Le président brésilien sortant a battu Flavio Bolsonaro à la surprise générale avec 51,8% des suffrages. Les investisseurs avaient parié sur la victoire du fils de l’ancien président, plus pro-marché. Le real chute de 9% face au dollar et la Bourse de 14%. -
Les entreprises payent plus cher leurs émissions obligataires
Les transactions ont repris la semaine passée sur le marché primaire euro. La demande est là mais exige d'être rémunérée pour un niveau de risque jugé plus élevé. -
Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Le géant américain de la technologie veut continuer à réduire ses effectifs. Il propose un plan de départ volontaire à plus d'un quart de ses salariés. Seuls les Etats-Unis, le Canada, l'Inde et le Royaume-Uni sont concernés.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose